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Musique : le rappeur Makryst signe son retour avec “Émotif Makryst ”

Musique : le rappeur Makryst signe son retour avec “Émotif  Makryst ” 1

Absent de la scène musicale depuis près de 5 ans, le  rappeur engagé Makryst signe son retour avec un nouvel album qu’il a choisi de baptiser “Émotif Makryst ”.  Ce projet musical de 10 titres explore des sonorités variées, naviguant entre Rap, Slam et Ragga.

« J’ai choisi ce titre “Émotif Makryst” parce que l’album compile toutes les émotions qui m’ont traversé durant ces longues années passées loin de la scène  », confie Makryst. Dans ce nouveau projet, l’artiste reste fidèle a son ADN. « Je traite de politique, de faits de société , des violences basées sur le genre (VBG)… », précise- t-il.

Pour ce  retour, le rappeur a su s’entourer de figures emblématiques et de talents émergents.  L’album bénéficié de collaborations emblématique  avec des pionniers du hip-hop tchadien, notamment le regretté  Prophet Da Shit  (membre fondateur du groupe Samouraï), mais aussi Roukika Le Malabar. La touche féminine est assurée par les slameuses Triciana et Gralys. Parmi les morceaux phares , on retient particulièrement le poignant  “Femme comme peuple”, l’engagé “ C’est le Pays”, ou encore l’hymne a la persévérance “Ne lâche pas”. Les titres “Damahou” et “Masal Wo” confirment, quand a eux ,la diversité de ce nouvel opus .

«  Le rap est une musique de revendication » 

Si  Makryst revient sous les projecteurs , c’est aussi par nécessité artistique. Constatant une certaine « dénaturation » du rap actuel, il souhaite rappeler l’essence de ce mouvement. «  Aujourd’hui, Les jeunes pratiquent un rap différent de celui que j’ai connu. Le rap est une musique de revendication. Il  était crucial de rappeler a la nouvelle génération que le rôle du rappeur-éducateur doit perdurer », martèle l’artiste, déplorant que , « l’essence de   cette culture  se perde au profit du divertissement pur ».

L’artiste ne cache pas non plus  les difficultés d’être une voix engagée au Tchad, pointant du doigt la précarité qui pousse certains vers le « doungouroutisme » (clientélisme).  « La faim a parfois pris le dessus sur l’art. Être artiste  engagé aujourd’hui, c’est accepter de vivre avec peu, d’être souvent blacklisté des grands événements et de devoir compter sur des activités dérivées, pour survivre. C’est un sacrifice, mais si nous pouvons aider à transformer cette société, c’est déjà une victoire »,souligne -t-il.

Christian Bour-orho Mayangar de son vrai nom, Makryst   depuis son premier album en 2007 “Le démon grassit en Afrique”, suivi de “Il Fo K Sa Change” (2009) et “Le Tableau de la République” (2019), a su s’imposer comme un électron libre de la scène nationale . Avec  “Émotif Makryst” il prouve que malgré les années, sa plume n’a rien perdu de sa force.

Convaincu que,  la musique possède un pouvoir de transformation sociale que la politique n’a pas, le rappeur Makryst affirme ,  «  la  musique change les mentalités. Je vais vous confier une chose :   les hommes politiques nous écoutent beaucoup, même s’ils n’auront jamais l’honnêteté intellectuelle de l’admettre.  Espérons qu’à l’avenir, les lignes bougent enfin ».

Pour les amoureux du vrai hip-hop, L’album ” Émotif Makryst” sera officiellement présenté le 2 mai prochain  à  l’espace  Acamod.

  Kedaï Edith