Le prix des étoiles
Le 26 mai 2026, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno a signé un décret élevant huit colonels au grade de général de brigade, à titre exceptionnel. Un acte administratif en apparence. Un signal politique en réalité.
Le Tchad compte près de 600 généraux pour moins de 19 millions d’habitants, soit un général pour 31 000 citoyens. La France en recense un pour 230 000. Le sommet de la pyramide militaire tchadienne est ainsi plus de six fois plus dense que celui d’une puissance nucléaire à engagements multilatéraux permanents. Ce gigantisme absorbe plus de 4 % du PIB national et près du quart des recettes intérieures de l’État. La masse salariale militaire engloutit environ 40 % des ressources budgétaires, dans un pays où l’État consacre moins de 4 000 francs CFA par an et par habitant à la santé selon la Banque mondiale et où un Tchadien sur deux vit à plus de trente minutes d’un établissement de soins.
Le Tchad évolue dans un environnement sécuritaire qui justifie des capacités de défense réelles. Mais lorsque les promotions servent avant tout à consolider des fidélités internes comme l’illustrent les vagues successives de radiations et de nominations depuis 2021 la dépense militaire devient un facteur de fragilité budgétaire autant qu’un outil de gouvernance.
À force de payer la paix par les galons, l’État hypothèque l’avenir.
Décret de Déby : Khoudar Acyl et Ousman Dicki propulsés au sommet de l’armée
Signé le 26 mai depuis La Mecque où séjourne le président, le décret élève plusieurs officiers aux grades de général de brigade et de général de corps d’armée.
La promotion de Khoudar Mahamat Acyl, frère de l’ancienne première dame Hinda Déby, est perçue comme un signal d’apaisement envers les élites militaires traditionnelles. Ousman Adam Dicki, commandant des Forces d’intervention rapide et figure montante du dispositif sécuritaire, consolide quant à lui une trajectoire qui combine expertise opérationnelle et maîtrise des enjeux financiers de l’État.
Moins de 4 000 FCFA par habitant : la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme
Dans sa nouvelle stratégie régionale Santé, Nutrition et Population publiée début mai 2026, la Banque mondiale classe le Tchad parmi les pays les moins dépensiers en matière de santé publique de toute l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Environ un Tchadien sur deux vit à plus de trente minutes d’un établissement de soins.
Les effets combinés du changement climatique le pays figure parmi les cinq États du Sahel les plus exposés et des déplacements de populations, qui auraient au moins triplé en vingt ans, accentuent la pression sur des infrastructures déjà sous-équipées.
Aïd el-Kebir au Tchad : entre foi, partage et appel au vivre-ensemble
Les fidèles musulmans du Tchad célèbrent ce mercredi la fête de la Tabaski. À cette occasion, Cheikh Al-Amir Ousmane Abdou Baraka, fondateur du Complexe Manarat Al Islam de Sarh, a adressé un message centré sur la tolérance, le pardon et la solidarité envers les plus démunis.
Le leader spirituel a également appelé à l’ouverture envers les autres confessions, faisant du partage un pilier du vivre-ensemble dans un pays marqué par la diversité religieuse et ethnique.
Sylvia et Noureddin Bongo dans le viseur de la justice internationale
Selon plusieurs médias gabonais, relayés par RFI, Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin auraient été inscrits dans les fichiers d’Interpol depuis le 6 mai 2026, en lien avec les mandats d’arrêt délivrés par le parquet de Libreville. Aucune confirmation officielle d’Interpol n’a été publiée à ce stade.
Condamnés par contumace en novembre 2025 à vingt ans de réclusion pour détournement de fonds publics et blanchiment, les deux accusés résident au Royaume-Uni. Leur défense dénonce une procédure politique et entend saisir la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol.
Mohamed El-Amine Souef prend la tête de l’UNOCA pour l’Afrique centrale
Le Secrétaire général de l’ONU António Guterres a officialisé la nomination du diplomate comorien Mohamed El-Amine Souef comme Représentant spécial pour l’Afrique centrale et chef du Bureau régional de l’UNOCA. Fort de 35 ans d’expérience, il a notamment dirigé la mission de l’Union africaine en Somalie et participé aux opérations de paix au Mali et au Darfour. Il succède au Nigérien Abdou Abarry, dont Guterres a salué la contribution à la stabilité et à la diplomatie préventive dans la sous-région.
