L’affaire judiciaire impliquant l’ancienne famille présidentielle gabonaise prend une nouvelle dimension internationale. Selon plusieurs médias gabonais, une information reprise mercredi par Radio France Internationale (RFI), Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin feraient désormais l’objet de notices rouges émises par Interpol.
Aucune confirmation officielle n’a toutefois encore été publiée par l’organisation policière internationale, ce qui maintient une part d’incertitude autour de la procédure évoquée par la presse.
D’après les informations relayées, cette démarche fait suite aux mandats d’arrêt délivrés par le parquet général de Libreville dans le cadre des poursuites engagées contre plusieurs figures de l’ancien régime gabonais. Les deux personnalités auraient été inscrites dans les fichiers d’Interpol depuis le 6 mai 2026.
Gabon: Sylvia Bongo et son fils Noureddin écopent de 20 ans de prison ferme
Si elle est confirmée, cette mesure ne constituerait pas un mandat d’arrêt international au sens strict, mais une demande adressée aux États membres afin de localiser et d’arrêter provisoirement les personnes recherchées dans le cadre d’une coopération judiciaire internationale. Installés au Royaume-Uni depuis leur départ du Gabon, Sylvia et Noureddin Bongo verraient ainsi leurs déplacements à l’étranger fortement encadrés.
Cette évolution intervient plusieurs mois après leur condamnation par contumace par la justice gabonaise. Après avoir quitté la prison centrale de Libreville en mai 2025 pour rejoindre Londres, les deux accusés avaient été jugés puis condamnés le 11 novembre 2025 à vingt ans de réclusion criminelle pour détournement massif de fonds publics, blanchiment de capitaux, recel, association de malfaiteurs et usurpation de titres.
La défense de l’ancienne famille présidentielle dénonce de son côté une procédure à caractère politique. Me François Zimmeray, avocat de Sylvia Bongo, a qualifié cette initiative de « grossière manipulation » et d’opération de « propagande » menée par les autorités de transition gabonaises.
Les conseils de Sylvia et Noureddin Bongo entendent désormais saisir la Commission de contrôle des fichiers d’Interpol afin de contester la validité des éventuelles notices rouges et d’en demander l’annulation.
Cette affaire continue d’alimenter les tensions autour de la transition politique au Gabon et du traitement judiciaire réservé aux anciens responsables du régime de Ali Bongo Ondimba.
