La Matinale du Pays

LA MATINALE- 27 MAI 2026: CE QU’IL FAUT RETENIR

Le pouvoir ne se partage pas

L’histoire politique africaine est un théâtre cruel : les alliances qui renversent les régimes finissent presque toujours par s’autodétruire une fois le pouvoir conquis. Au Sénégal, le duo Faye–Sonko en offre aujourd’hui une nouvelle illustration. Hier inséparables, les deux hommes découvrent qu’un palais présidentiel n’a jamais été conçu pour deux crocodiles.

Le scénario n’a rien d’inédit. En 1962, Senghor et Mamadou Dia s’étaient déjà affrontés l’un avec la légitimité institutionnelle, l’autre avec l’influence politique. Dia avait perdu.
Au Tchad, Fidel Moungar avait cru pouvoir gouverner face à Déby grâce à la légitimité de la Conférence nationale souveraine. Quelques mois auront suffi à le neutraliser.

La trajectoire de Succès Masra illustre, à sa manière, la même mécanique. Après des années d’opposition frontale à Mahamat Idriss Déby, il avait rejoint le gouvernement en 2024, porté par l’espoir d’infléchir le système de l’intérieur. La Primature lui fut confiée. Il en était écarté en moins de six mois. Entre Masra et Kaka, comme entre Sonko et Faye, l’alliance avait une date de péremption.

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La vérité est simple : tant que les institutions resteront plus faibles que les ambitions personnelles, les recompositions au sommet de l’État ne seront pas une exception mais un système. Le Sénégal vient de nous en donner l’illustration.

Magistrats contre ministre : la justice tchadienne pose ses lignes rouges

Réunis en assemblée générale extraordinaire le 26 mai au Palais de justice de N’Djamena, les syndicats SMT et SYAMAT ont rejeté les excuses du gouvernement et maintenu leurs poursuites judiciaires contre le ministre de la Sécurité publique.
Le général Ali Ahmat Aghabache avait ordonné, dans une vidéo virale, de « déchirer » une ordonnance judiciaire lors d’un litige foncier.
Un ultimatum de dix jours a été accordé aux autorités pour réagir.

Tabaski au Moyen-Chari : foi et débrouillardise dans un marché à bout de souffle

À quelques jours de l’Aïd el-Kébir, les marchés du Moyen-Chari affichent une animation en demi-teinte, avec une affluence inférieure à celle des années précédentes. Les prix des moutons varient de 15 000 à 115 000 FCFA, jugés accessibles par les vendeurs mais peu attractifs faute d’acheteurs. Les commerçants déplorent une faible circulation de l’argent dans la province, laissant leurs stocks souvent invendus.

Les denrées alimentaires affichent une relative stabilité, saluée par les consommateurs mais insuffisante à compenser la faiblesse du pouvoir d’achat. Les fidèles maintiennent leurs préparatifs dans un esprit de foi et de solidarité.

Basketball U18 : le Tchad part à la conquête de Malabo

La sélection tchadienne U18 a quitté N’Djamena ce mardi pour Malabo, où se tiendront du 28 mai au 4 juin les éliminatoires de la Zone 4 du FIBA AfroBasket U18. Préparée à travers une détection nationale couvrant cinq ligues provinciales, l’équipe est dirigée par l’entraîneur Noubaramaji Asnal Alain.

Elle affrontera notamment le Congo et la Guinée équatoriale, pays hôte. L’objectif est historique : décrocher pour la première fois une qualification pour la phase finale continentale. Une telle performance constituerait un signal fort pour le développement structurel du basketball au Tchad.

Sénégal : Sonko au perchoir, note souveraine sous surveillance

Ousmane Sonko a été élu ce mardi président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 137, quelques jours après son éviction de la Primature. Le président Faye devra désormais composer avec un ancien Premier ministre à la tête du législatif, dans une configuration institutionnelle inédite.

D’un autre coté, Bloomfield abaissait la perspective de la note souveraine du Sénégal de « Stable » à « Négative », maintenant la note BBB+, en invoquant précisément cette instabilité politique.

La décision s’ajoute aux récentes dégradations de Moody’s et S&P, intervenues après la révélation par la Cour des comptes d’un niveau réel d’endettement public très supérieur aux chiffres officiellement publiés sous l’administration précédente.

Les marchés attendent des signaux clairs de stabilisation, aussi bien budgétaire qu’institutionnelle.

Le Congo-Brazzaville ouvre ses frontières à tous les Africains

Denis Sassou-Nguesso a annoncé lundi 25 mai la suppression de l’obligation de visa pour tous les ressortissants africains, effective au 1er janvier 2027. L’annonce a été faite en marge des Assemblées annuelles de la BAD, coïncidant avec la 63e Journée de l’Afrique. La mesure place la République du Congo parmi les nations les plus avancées en matière de libre circulation sur le continent. Elle s’inscrit dans le mouvement d’intégration africaine porté par l’Union africaine, dont le Protocole sur la libre circulation reste insuffisamment ratifié. Sa portée réelle dépendra des capacités d’adaptation des services migratoires congolais.