Quand l’État de droit vacille
Une vidéo, quelques secondes à peine, et tout un malaise institutionnel ressurgit. On y voit un ministre ordonner publiquement la destruction d’une ordonnance judiciaire. Le geste choque, les magistrats ripostent. Au-delà de la polémique, l’épisode révèle une tension persistante entre pouvoir exécutif et justice dans un pays où l’autorité des institutions demeure fragile.
Cette même semaine, le Parlement prolonge l’état d’urgence au Lac-Tchad face à une menace sécuritaire toujours active, tandis qu’un rapport de la BAD classe le Tchad dernier de la CEMAC en matière d’industrialisation. Trois séquences différentes, mais un constat commun : la stabilité politique peine encore à produire des résultats durables sur le terrain économique et institutionnel.
À l’approche de la Tabaski, les marchés de N’Djamena rappellent une autre réalité : celle du quotidien. Les moutons sont là, mais les acheteurs hésitent. Derrière les chiffres macroéconomiques, le pouvoir d’achat reste la première inquiétude des familles.
Crise ouverte entre le ministre de la Sécurité et les magistrats
Le SMT et le SYAMAT ont convoqué une assemblée générale extraordinaire après la diffusion d’une vidéo montrant le ministre Ali Ahmat Aghabache ordonnant de « déchirer » une ordonnance judiciaire dans un litige foncier. Les syndicats dénoncent une atteinte grave à l’indépendance de la justice. Avocats et anciens magistrats réclament désormais la démission du ministre. L’affaire ravive les critiques récurrentes sur les pressions exercées contre le pouvoir judiciaire au Tchad. La tension entre exécutif et magistrature atteint un niveau rarement observé publiquement.
État d’urgence prolongé au Lac-Tchad
Le Parlement a voté à l’unanimité la prorogation de trois mois de l’état d’urgence dans la province du Lac. Le gouvernement justifie cette mesure par la persistance des incursions de Boko Haram dans cette région frontalière du Nigeria, du Niger et du Cameroun. Malgré les opérations militaires conjointes menées depuis plusieurs années, les attaques restent régulières. La province demeure l’un des principaux foyers d’insécurité de la sous-région. Aucun député n’a voté contre le texte.
Industrialisation : la Bad classe le Tchad dernier de la Cemac
Avec un score de 0,4374 sur 1, le Tchad occupe la dernière place de la CEMAC dans l’Indice d’industrialisation de l’Afrique 2025 publié par la BAD. Le rapport souligne la faiblesse des capacités manufacturières du pays et l’absence de projets industriels majeurs recensés entre 2016 et 2025. Malgré une stabilité macroéconomique relative liée à la BEAC, le pays reste largement en marge de la dynamique industrielle africaine. Le Gabon domine la sous-région tandis que le Maroc prend la tête du classement continental. La BAD insiste sur l’urgence des investissements dans l’énergie et les infrastructures.
Tabaski : les marchés à bétail sous pression
À quelques jours de la Tabaski, les marchés à bétail de N’Djamena peinent à retrouver leur affluence habituelle. Les prix des moutons oscillent entre 60 000 et 250 000 francs CFA, des montants jugés trop élevés par de nombreuses familles. Face à l’érosion du pouvoir d’achat, certains fidèles se tournent vers des alternatives comme la chèvre ou le bœuf. Les vendeurs espèrent une forte affluence dans les dernières quarante-huit heures précédant la fête. La Tabaski sera célébrée le 27 mai.
Romuald Wadagni prend les rênes du Bénin
Romuald Wadagni a prêté serment le 24 mai 2026 à Cotonou, succédant officiellement à Patrice Talon. Ancien ministre des Finances et technocrate formé à Harvard, il hérite d’un modèle fondé sur la stabilité macroéconomique et une croissance soutenue. Dans son discours, il a affirmé que « le pouvoir n’est jamais un privilège personnel ». Seize délégations étrangères assistaient à la cérémonie. Cette transition confirme la volonté de continuité portée par le régime sortant.
Léon XIV demande pardon pour l’esclavage
Dans sa première encyclique Magnifica Humanitas, publiée le 25 mai 2026, le pape Léon XIV a reconnu la responsabilité historique du Saint-Siège dans la légitimation de l’esclavage et demandé pardon au nom de l’Église. Une déclaration inédite qui marque une rupture avec les positions plus prudentes de ses prédécesseurs. Cette prise de position intervient alors que la France s’apprête à abroger formellement le Code Noir de 1685. Les deux initiatives traduisent une accélération du travail mémoriel autour de l’esclavage. La question s’impose désormais au cœur du débat politique et historique international.
