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N’Djamena : À l’approche de la Tabaski, les marchés à bétail s’éveillent lentement

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Un peu plus de deux mois après la fin du Ramadan, la communauté musulmane s’apprête à célébrer la Tabaski, fixée cette année au 27 mai 2026. À l’approche de cette fête du sacrifice, les marchés à bétail de N’Djamena retrouvent peu à peu leur effervescence habituelle.

Il est 8 heures ce samedi 23 mai au marché à bétail de Diguel, situé dans le 8ᵉ arrondissement de la capitale. Sous un soleil déjà pesant, vendeurs et acheteurs se croisent dans un brouhaha rythmé par les bêlements et les négociations serrées. À quatre jours de la Tabaski , l’ambiance est bien là, mais l’argent manque. « Les ventes sont rares pour le moment, le rythme est lent. Le marché n’a pas encore décollé », confie Izadine, un vendeur installé à l’ombre d’un enclos improvisé. Si le bétail est disponible en quantité, les clients peinent à concrétiser leurs achats, refroidis par des tarifs jugés excessifs.

Pour repartir avec un mouton, il faut désormais débourser une petite fortune. Comptez entre 60 000 et 70 000 francs CFA pour les plus petits gabarits. Les prix grimpent vite jusqu’à 150 000 francs CFA pour la taille moyenne, et s’envolent au-delà de 250 000 francs CFA pour les plus beaux béliers. Un véritable mur financier pour de nombreuses familles.

Malgré le calme plat, les vendeurs ne perdent pas espoir. « Les gens viennent surtout pour se renseigner. Mais d’ici deux jours, il y aura des embouteillages ici », lance l’un d’eux avec optimisme, misant sur la traditionnelle ruée de dernière minute.

Quelques kilomètres plus loin, au marché de SNER, l’ambiance est pourtant plus respirable. « Les clients viennent régulièrement et les bêtes s’écoulent plutôt bien », se réjouit Moussa, un commerçant de la zone.

Bœuf, chameau ou chèvre : les alternatives au mouton

Face à la cherté du mouton, de nombreux fidèles se tournent vers d’autres options conformes aux prescriptions religieuses. Pour le rituel, le bœuf est autorisé à partir de deux ans, tandis que le chameau doit être âgé d’au moins cinq ans.

Pour les bourses les plus modestes, c’est la chèvre d’au moins un an qui sauve la mise. « Tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir un mouton. La chèvre est plus abordable », explique un fidèle rencontré au Marché central.

En revanche, le droit islamique exclut formellement les volailles, comme la poule ou le coq, pour ce sacrifice.

Événement majeur du calendrier musulman, la Tabaski commémore la volonté du prophète Ibrahim de sacrifier son fils par obéissance à Allah. Selon la tradition, les fidèles marquent cette fête par le sacrifice d’un animal, suivi du partage de la viande avec la famille, les proches et les personnes démunies. Malgré la conjoncture économique difficile et la flambée des prix, la solidarité tchadienne prévaudra cette année encore pour honorer cette journée de dévotion.

Kedaï Edith