Des inspections révèlent des manquements graves
Le Centre de Contrôle Qualité des Denrées Alimentaires (CECOQDA) et le Laboratoire National des Eaux (LNE), services techniques rattachés au ministère du Commerce et de l’Industrie, ont conduit des opérations d’inspection et de prélèvement auprès de plusieurs unités de production d’eau embouteillée à N’Djamena. Les résultats ont mis en évidence des non-conformités sérieuses : faible taux de minéralisation des eaux produites, insuffisances dans le contrôle qualité interne, non-respect des paramètres techniques de production et manquements répétés aux exigences d’hygiène. Trois entreprises ont été directement visées par ces conclusions : KK Boisson, productrice de la marque « Eau Potable », NAYA et AFRICA.
Retrait immédiat et suspension de distribution
Face aux risques sanitaires potentiels que présente la consommation prolongée d’eaux fortement déminéralisées, le ministre du Commerce et de l’Industrie, le Dr Guibolo Fanga Mathieu, a ordonné le retrait immédiat de ces produits des circuits de distribution. La suspension est effective jusqu’à nouvel ordre. Les entreprises concernées sont enjointes d’appliquer sans délai les recommandations formulées dans le rapport d’inspection, afin de mettre leurs processus de production en conformité avec les normes sanitaires en vigueur. Aucune reprise de commercialisation ne sera autorisée sans validation préalable des autorités compétentes.
Une démarche qui s’étend à l’ensemble du secteur
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large. Le ministre a annoncé le renforcement et l’extension des opérations d’inspection et de contrôle à l’ensemble des industries de production et de commercialisation des denrées alimentaires sur le territoire national. L’objectif affiché est de garantir la conformité des produits mis à la consommation des populations et d’inviter ces dernières à faire preuve de vigilance. La réunion préalable tenue avec les services techniques avait déjà signalé la volonté des autorités de structurer davantage la surveillance d’un marché en forte expansion, encore insuffisamment régulé malgré une demande croissante.
Un défi structurel pour le pays
Cette affaire met en lumière une réalité persistante : au Tchad, l’accès à une eau saine demeure un défi structurel pour une large partie de la population. Dans ce contexte, le recours à l’eau embouteillée s’est considérablement développé ces dernières années, notamment en milieu urbain, créant un marché local dynamique mais encore fragile sur le plan réglementaire. La multiplication des acteurs privés dans ce secteur a devancé la capacité des institutions à en assurer la surveillance systématique. Les mesures annoncées visent à combler ce retard, dans un pays où les questions d’accès à l’eau potable figurent au cœur des enjeux sanitaires et de développement.
NC
