Dans un communiqué publié ce jeudi 28 mai 2026, le Bureau exécutif du Syndicat des Médecins du Tchad (SYMET) a formellement démenti les propos du Premier ministre relatifs à des collectes illicites d’argent dans les hôpitaux publics. Jugeant ces accusations infondées, l’organisation syndicale exprime sa « vive préoccupation » face à des déclarations qui, selon elle, « portent une atteinte grave à l’honneur et à la dignité de l’ensemble des médecins ».
Tout en admettant que des « dérives individuelles puissent exister dans tout corps professionnel », le SYMET rejette fermement toute généralisation visant à assimiler la profession médicale à des réseaux de corruption. Pour le syndicat, ces accusations contribuent à « jeter le discrédit sur des milliers de praticiens qui exercent avec intégrité, abnégation et dans des conditions souvent extrêmement difficiles ».
Sur le plan opérationnel, l’organisation a tenu à clarifier le rôle exact du personnel soignant. « Le médecin n’est ni un collecteur d’argent ni un gestionnaire de médicaments, encore moins un acteur de corruption institutionnalisée. Il consulte, examine, pose un diagnostic et prescrit, et c’est tout », martèle le communiqué.
Le SYMET rappelle à ce titre une règle administrative stricte : « la gestion des ressources financières et des produits pharmaceutiques relève exclusivement des circuits administratifs des structures sanitaires, et non des compétences des médecins ».
Au-delà de la polémique, l’organisation met en avant les obstacles structurels majeurs qui freinent l’application de la politique nationale de gratuité des soins sur le terrain. Le syndicat pointe directement du doigt les manquements des services publics. « Dans de nombreuses structures sanitaires, les insuffisances en médicaments, en consommables médicaux, en équipements et en financement rendent l’application effective de cette gratuité particulièrement complexe », déplore-t-il. Selon les représentants des praticiens, cette réalité factuelle ne peut être ignorée dans l’analyse des dysfonctionnements du système de santé.
Face à cette crise de confiance, le SYMET exige le respect dû aux médecins tchadiens dans l’exercice de leurs fonctions. L’organisation souligne que la lutte contre les mauvaises pratiques ne peut être efficace que si elle repose sur « des faits avérés, des enquêtes rigoureuses et une approche juste, respectueuse et non stigmatisante des professionnels ».
Le Bureau exécutif du SYMET réaffirme son engagement pour un système de santé performant et accessible à tous. Il appelle instamment les autorités à privilégier le dialogue et la concertation afin d’améliorer durablement les conditions de travail et la qualité des soins au Tchad.


