Politique

Les nominations à l’ONECS : entre soupçons et dérives

Les nominations à l’ONECS : entre soupçons et dérives 1

À l’Office national des examens et concours du supérieur (ONECS), les récentes nominations suscitent de vives interrogations dans le milieu éducatif. Depuis le départ du Prof Bianzuebe Tikri et de ses collaborateurs, l’institution semble t’il tourner au ralenti? Son successeur, le professeur Bakari Abbo, présenté comme un connaisseur de la maison, était attendu pour insuffler un nouvel élan. Mais sa désignation, précipitée à la veille du baccalauréat par le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Sictack Yombatinan, alimente les critiques.

Dès sa prise de fonction, le nouveau directeur général se serait montré « offensif » selon ses collaborateurs  envers son prédécesseur et ses équipes, balayant les acquis et imposant un climat de surveillance généralisée. Caméras dans les couloirs, climat de suspicion, instrumentalisation du personnel: l’ambiance est décrite comme intenable.

Le 24 septembre dernier, plusieurs nominations internes ont renforcé les accusations de favoritisme : sa fille Souraya Bakari Abbo comme cheffe de section assurance, qualité et règlementation tandis que le directeur d’authentification, de traduction, d’équivalence des archives et de la statistique des diplômes Dr Achaïr Langaba Adelaziz nomme son neveu Abdoulaye Oumar Adam Bahar au poste de chef de section régies, un neveu du directeur d’authentification et un autre du comptable ont été promus à des postes stratégiques. Une pratique dénoncée comme un partage familial des responsabilités et dégoûtée toujours par les collaborateurs.

À cela s’ajoute une note de service interdisant le travail au-delà de 16 heures, perçue comme un moyen de verrouiller l’accès aux locaux pour des réunions discrètes. Le 5 septembre, des membres du jury des concours ont même été empêchés d’entrer avant l’intervention des militaires.

Autant de faits qui nourrissent le malaise autour de l’ONECS et posent une question: ces nominations servent-elles l’institution ou ouvrent-elles la voie à un pillage organisé?

Jean Jacques Koilengar.