Le monde célèbre ce lundi 5 octobre la Journée mondiale des enseignants, consacrée à la valorisation du rôle des enseignants et à l’amélioration de leurs conditions de travail.
Au Tchad, cette journée intervient alors que les professionnels de l’éducation continuent de faire face à plusieurs difficultés liées à leurs conditions d’exercice et à leur carrière. Si certains enseignants reconnaissent des avancées dans le système éducatif, d’autres estiment que les difficultés restent importantes. Pour Hingonbé Matathias, enseignant au lycée d’Amtoukoui, cette journée doit être l’occasion de s’interroger sur la situation réelle des enseignants. « Cette Journée devrait être un prétexte que la communauté internationale nous donne pour nous arrêter un petit moment et réfléchir sur la condition véritable des acteurs de l’ombre que nous sommes », estime-t-il.
Mbaïtabé, un autre enseignant, porte pour sa part un regard plus nuancé sur la situation actuelle. « Certes nous avons des difficultés, mais nous faisons confiance au gouvernement qui a promis d’améliorer la situation », affirme-t-il.
Dans un message publié ce lundi sur sa page Facebook à l’occasion de cette journée, le président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, a lui aussi insisté sur la nécessité de mieux valoriser la profession. Il estime que « la valorisation du rôle de l’enseignant doit occuper une place centrale » dans l’action publique et appelle à une « refondation de l’école tchadienne », confrontée selon lui à des défis majeurs. Le chef de l’État plaide également pour « un dialogue franc, sincère et constructif » entre les différents acteurs du secteur éducatif.
Sur le terrain, les difficultés évoquées par les enseignants tchadiens concernent notamment les salaires, les conditions de travail, la surcharge des classes, le manque de matériel pédagogique et l’accès limité à la formation continue. Ils sont également confrontés à des problèmes d’indiscipline et, dans certains cas, à des violences physiques ou verbales dans les établissements scolaires.
Sur le plan syndical, l’application effective du décret n°2850 portant statut particulier des personnels de l’enseignement, signé le 6 novembre 2025 en remplacement de l’ancien statut de 1992, reste au cœur des revendications. Les enseignants réclament notamment la mise en œuvre de ses dispositions, le règlement des effets financiers des actes de carrière, le reversement du demi-salaire retenu en février 2026 et la levée du moratoire sur les autorisations d’études. Ils demandent également l’intégration de certains lauréats, une meilleure prise en compte des maîtres communautaires ainsi qu’une amélioration des primes, notamment celles de craie et de documentation.
Au-delà de l’hommage rendu aux enseignants ce 5 octobre, cette journée remet au centre du débat la question de la condition enseignante et des moyens nécessaires à l’exercice du métier au Tchad.
Edith Kedaï


