Le Conseil national de la jeunesse du Tchad (CNJT), section provinciale du Moyen-Chari, et l’Office national pour la promotion de l’emploi (ONAPE) ont organisé un Pré-forum provincial de l’emploi, le jeudi 8 octobre 2026, au Palais des Arts et de la Culture Ngarta Tombalbaye de Sarh. Thème retenu : « Le Moyen-Chari parle emploi : recueillir nos attentes pour le Tchad de demain ». L’objectif est de collecter les préoccupations et les propositions de la jeunesse avant de rédiger un mémorandum provincial à présenter au Forum national économique 2026.
Environ 120 personnes ont pris part à la rencontre : leaders de jeunes, femmes, acteurs du secteur de l’emploi, représentants des personnes vivant avec un handicap, artistes et créateurs de contenu. Le président du Conseil provincial et le délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari, Abderrahman Ahmat Bargou, étaient présents, aux côtés de plusieurs partenaires. Les organisateurs veulent donner la parole à toutes les composantes de la jeunesse, pour identifier ce qui bloque l’insertion professionnelle et proposer des solutions concrètes.
Le Moyen-Chari a des atouts : un fort potentiel agricole et économique, des ressources, une jeunesse dynamique. Mais l’accès à l’emploi reste entravé par plusieurs obstacles. La formation ne correspond pas aux besoins du marché du travail, le financement est difficile à obtenir, les diplômés sont nombreux au chômage et l’exode rural vide les campagnes.
Pour Guedallah Hissein Kalami, coordonnateur provincial du CNJT, le principal problème est ailleurs : les jeunes n’ont pas d’occasion d’acquérir une première expérience professionnelle. « Aujourd’hui, pour avoir un emploi, il faut une expérience. Mais pour avoir une expérience, il faut avoir un emploi. C’est ça le vrai problème », a-t-il souligné. Il appelle les entreprises privées et publiques à accueillir davantage de stagiaires, pour que les jeunes se constituent un premier parcours. Son message s’adresse aussi aux structures publiques et aux acteurs économiques de la province : ouvrez vos portes à ceux qui cherchent un stage ou une opportunité.
Le délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari, Abderrahman Ahmat Bargou, a salué l’initiative et reconnu la pertinence des préoccupations exprimées. Il a surtout insisté sur un point : la formation doit correspondre aux besoins du marché de l’emploi « Le système éducatif forme des demandeurs d’emploi au lieu de former des créateurs d’emploi », a-t-il déploré.
Le Moyen-Chari dispose de nombreuses potentialités agricoles, selon lui. La province doit donc miser sur l’entrepreneuriat et la transformation locale des produits. Il a soutenu la proposition de créer un centre d’excellence dédié au business et à l’entrepreneuriat, une structure qui renforcerait les capacités des jeunes et la souveraineté alimentaire de la province. Le représentant de l’État a aussi reconnu les difficultés d’accès aux stages. Il a appelé les entreprises implantées dans le Moyen-Chari et l’administration publique à multiplier les possibilités. « Il faut que les jeunes puissent acquérir de l’expérience », a-t-il insisté, estimant que la réponse doit être collective.« Les jeunes du Moyen-Chari n’ont pas à avoir un complexe d’infériorité »
Abderrahman Ahmat Bargou a exhorté les jeunes de la province à croire en leurs capacités, sans se sentir inférieurs à ceux des autres provinces.
Le Moyen-Chari a des talents capables de se distinguer au niveau national, a-t-il rappelé. Il a cité Kéber, jeune entrepreneur de la province distingué au plan national dans l’agrobusiness. La preuve, selon lui, que les talents existent ici : encore faut-il leur offrir un environnement favorable. Il a toutefois rappelé une limite : l’État ne peut pas créer seul des emplois pour tous les jeunes. Son rôle est de réunir les conditions favorables à l’initiative privée, à l’entrepreneuriat et à l’investissement.
Les préoccupations et propositions recueillies serviront de base à un mémorandum provincial sur l’emploi. Ce document sera présenté au Forum national économique 2026, pour porter les attentes du Moyen-Chari au niveau national.
Par ce pré-forum, le CNJT et l’ONAPE veulent faire de l’emploi des jeunes une priorité du développement provincial. Pour les participants, il reste maintenant à transformer les recommandations en actions : formation professionnelle, stages, accès au financement, entrepreneuriat, valorisation des potentialités locales.
La jeunesse du Moyen-Chari veut prendre part à la construction du Tchad de demain. Elle demande des opportunités, un accompagnement et un environnement qui lui permettent de s’épanouir professionnellement.
Amadjibeye Prosper


