Une démission officialisée au terme d’une séquence politique attendue
Le Premier Cministre centrafricain Félix Moloua a remis sa démission, ainsi que celle de son gouvernement, au président Faustin-Archange Touadéra le mercredi 13 mai 2026. La décision intervient deux mois après l’investiture du chef de l’État pour un troisième mandat, le 30 mars dernier, et au lendemain de la mise en place du bureau de la huitième législature de l’Assemblée nationale.
Ce départ met fin à plusieurs semaines de spéculations sur la recomposition de l’exécutif. Le président Touadéra avait lui-même conditionné la formation d’un nouveau gouvernement à la nouvelle configuration parlementaire issue du second tour des législatives. La proclamation des résultats par l’Autorité nationale des élections (ANE) et l’installation du bureau de l’Assemblée ont rendu la transition possible.
Un profil technocratique au cœur de la primature
Nommé Premier ministre en février 2022, en remplacement d’Henri-Marie Dondra, Félix Moloua est l’un des profils technocratiques majeurs de l’appareil d’État centrafricain. Démographe et statisticien de formation, diplômé de l’Institut de formation et de recherches démographiques (IFORD) de l’Université de Yaoundé II, il a également enseigné les mathématiques avant de s’engager dans la haute administration.
Il a longtemps occupé le portefeuille de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale avant son arrivée à la primature, s’imposant comme un interlocuteur régulier des partenaires techniques et financiers du pays, notamment les institutions de Bretton Woods et les bailleurs européens.
Son passage à la tête du gouvernement a été marqué par une gestion de contraintes économiques persistantes notamment, la flambée des prix des hydrocarbures, stagnation des salaires, tensions sociales.
Une primature sous contrainte politique et institutionnelle
Durant son mandat, Félix Moloua a évolué dans un contexte caractérisé par des enjeux sécuritaires et institutionnels importants. Son rôle a été celui d’un chef de gouvernement chargé d’assurer la continuité administrative, la coordination de l’action publique et la mise en œuvre des orientations définies par la présidence.
Dans les cercles politiques de Bangui, son profil était souvent décrit comme celui d’un technocrate fidèle à une ligne de stabilité institutionnelle, davantage axé sur la gestion que sur la confrontation politique.
Une démission qui ouvre une nouvelle phase politique
La démission du Premier ministre intervient dans un moment sensible de la vie politique centrafricaine. Plusieurs membres du gouvernement, élus lors des récentes législatives, ont quitté leurs fonctions ministérielles pour rejoindre les bancs de l’Assemblée nationale, accélérant la nécessité d’une recomposition de l’exécutif.
Ce départ marque la fin d’un cycle à la primature et ouvre une phase d’attente quant à la future architecture gouvernementale de la VIIe République.
Une succession encore incertaine
Aucune information officielle n’a encore été communiquée sur l’identité du prochain Premier ministre. Le choix du président Touadéra sera scruté de près, tant par les acteurs politiques nationaux que par les partenaires internationaux du pays.
Deux grandes orientations sont généralement évoquées : le maintien d’un profil technocratique afin de garantir la stabilité macroéconomique et la continuité des programmes en cours, ou la nomination d’une personnalité à forte dimension politique, capable de porter les équilibres internes de la majorité.
Une transition suivie de près dans un contexte régional sensible
Au-delà des enjeux internes, cette évolution intervient dans un contexte régional où plusieurs États font face à des ajustements politiques et institutionnels. La stabilité de la Centrafrique reste un enjeu central pour la sous-région, notamment en matière de sécurité, de gouvernance et de développement. La continuité des réformes économiques et des engagements de l’État sera observée avec attention par les partenaires internationaux.
Avec cette démission, Félix Moloua quitte la primature après plus de quatre années à la tête du gouvernement. La présidence n’a pas encore communiqué sur la composition du prochain exécutif.


