Edito

Quand la dengue rend dingue face aux chiffres

Quand la dengue rend dingue face aux chiffres 1

La dengue, longtemps perçue comme une menace lointaine, frappe désormais de plein fouet le Tchad. Près de 3 000 cas suspects ont été recensés courant octobre 2026, dont 288 confirmés par test PCR, avec plus de 10 décès. La maladie s’est propagée dans cinq provinces : N’Djamena, Ouaddaï, Sila, Wadi Fira et Batha. La capitale concentre à elle seule plus de 80 % des cas confirmés, ce qui en fait l’épicentre de l’épidémie.

Elle constitue une menace sanitaire majeure. La dengue n’est pas une simple fièvre. Elle provoque des douleurs articulaires, des maux de tête intenses et peut évoluer vers des formes hémorragiques mortelles. Le taux de positivité des tests PCR dépasse 40 %, signe d’une circulation active du virus. L’identification du sérotype DENV‑2 par les équipes de riposte souligne la gravité de la situation et la nécessité d’adapter les mesures de surveillance.

La riposte est coordonnée par le Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP), avec un système de gestion de l’incident et des campagnes de sensibilisation. Mais au-delà des chiffres, c’est la responsabilité régalienne de l’État qui est en jeu. Il doit protéger les citoyens, renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer l’accès aux soins et mobiliser les partenaires techniques et financiers. Car une population malade est une population affaiblie.

La lutte contre la dengue passe par l’élimination des eaux stagnantes, renforcement l’assainissement, une forte sensibilisation etc. La prévention est la seule arme efficace en l’absence de traitement spécifique. Mais elle exige une mobilisation collective : autorités, ONG, collectivités locales et citoyens. Quand dengue rend dingue, c’est toute la société qui vacille. L’État doit s’assumer pleinement, conjuguer fermeté et prévention, pour que cette maladie cesse d’être une fatalité. Surtout qu’en plus de la Dengue, Ebola se signale déjà chez nos voisins nigérians…

La Rédaction