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N’Djaména : le comité de pilotage du projet agro-pastoral financé par le Fonds Odd tient sa première session

N'Djaména : le comité de pilotage du projet agro-pastoral financé par le Fonds Odd tient sa première session 1

Le comité de pilotage du projet « Solutions de subsistance compétitive, résiliente et durable dans les filières agro-pastorales au Tchad » a tenu, ce vendredi 31 juillet 2026 à N’Djaména, sa première session. Financé à hauteur de 2 millions de dollars américains par le Fonds conjoint des Nations unies pour les objectifs de développement durable (Fonds Odd), ce programme pilote de 24 mois est mis en œuvre par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et le Programme des nations unies pour le développement (Pnud), en partenariat avec l’entreprise Zara Agro et l’Ong Verdura. La rencontre a réuni autour du ministre délégué auprès du ministre des Finances et du Budget, par ailleurs président du comité de pilotage, le ministre de la Production et de la Transformation agricoles, Keda Balla, ainsi que le coordonnateur résident du système des Nations unies au Tchad, Dr François Batalingaya.

Cette session vise à examiner et approuver le plan de travail et le budget annuel 2026-2027 élaboré par les partenaires de mise en œuvre, et faire le point sur l’état d’avancement des activités depuis la signature de l’accord de financement, il y a environ six mois.

Le coordonnateur résident du système des Nations Unies au Tchad a rappelé que les filières agro-pastorales font vivre des millions de Tchadiens et demeurent l’un des principaux leviers de développement du pays. Il a toutefois relevé que ce potentiel reste insuffisamment valorisé, en raison des effets du changement climatique, de la faible transformation locale des produits, de l’accès limité au marché, au financement et aux technologies, ainsi que des difficultés que rencontrent les femmes et les jeunes pour accéder aux opportunités économiques.

Selon François Batalingaya, l’approche du programme conjoint se veut précisément innovante en associant « développement des chaînes de valeur, sécurité alimentaire et nutrition, résilience climatique, autonomisation économique des femmes et des jeunes, ainsi que des partenariats avec le secteur privé ». « Il ne s’agit pas simplement de produire davantage, mais de produire mieux, de transformer davantage au Tchad, de créer plus de valeurs ajoutées, davantage d’emplois et des revenus durables pour les communautés rurales », a-t-il souligné.

Il a présenté le programme comme l’illustration d’une nouvelle manière de travailler ensemble : le gouvernement y apporte son leadership à travers le plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », les Nations Unies leur expertise technique et leur capacité de coordination, le secteur privé son innovation et son accès au marché, tandis que la société civile assure l’ancrage communautaire auprès des bénéficiaires. Il a invité le comité de pilotage à garder pour seule boussole « un impact concret et mesurable dans la vie des populations », se disant convaincu que le programme « peut devenir un modèle de partenariat entre les pouvoirs publics, les Nations Unies, le secteur privé et la société civile ».

Le ministre de la production et de la transformation agricoles, Keda Balla, a détaillé les défis auxquels le projet entend répondre : faible productivité des exploitations agro-pastorales, vulnérabilité des producteurs face aux changements climatiques, dégradation progressive des ressources naturelles, faible transformation locale et accès limité au marché.

Le ministre a présenté le comité de pilotage comme « l’instance suprême d’orientation, de suivi et de validation des principales décisions » relatives au projet, appelée à s’assurer que les activités programmées demeurent cohérentes avec le plan national de développement « Pnd-Tchad Connexion 2030 ».

Ouvrant les travaux de cette première session, le ministre délégué auprès du ministre des Finances et du Budget a relevé un retard dans l’exécution. « À peu près six mois depuis la signature de l’accord de financement, le niveau d’avancement des activités demeure encore en deçà des attentes », a-t-il déclaré, ajoutant que « les populations bénéficiaires attendent des résultats concrets » et que le comité a « le devoir collectif d’accélérer les rythmes de mise en œuvre ».

Il a invité le Pnud et la Fao à simplifier, dans la mesure du possible, les procédures de mise en œuvre, tout en respectant les exigences de transparence et de bonne gouvernance, et a appelé les agences d’exécution à travailler en étroite coordination avec Zara Agro, l’Ong Verdura ainsi qu’avec les experts et cadres tchadiens. Il a enfin invité les membres du comité à examiner avec attention le budget annuel et le plan de travail 2026-2027, avant de déclarer ouverts les travaux de cette première réunion du comité de pilotage.