Abdrahamane Keïta, directeur du journal Le Témoin et chroniqueur de l’émission télévisée Grand Jury du Renouveau TV, a été présenté aux juges du pôle judiciaire spécialisé dans la cybercriminalité de Bamako ce lundi 7 septembre 2026. Plusieurs chefs d’accusation pèsent sur le journaliste.
Par Éric Topona.
Il est reproché à Abdrahamane Keïta d’avoir donné sonopinion après la perte de Kidal par l’armée malienne et ses alliés russes de l’Africa Corps, en avril 2026.
Le journaliste est notamment poursuivi pour « délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État » ainsi que pour « publication et diffusion d’informations fausses et trompeuses » via un système d’information.
Le directeur de publication, Abdrahamane Keïta, avaitpubliquement déclaré que Kidal était désormais sous le contrôle d’Iyad Ag Ghaly et du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), affilié à Al-Qaïda.
En effet, après de violents combats, le 25 avril 2026, l’armée malienne a été chassée de Kidal, une ville quiserait depuis contrôlée par des combattants du JNIM et du Front de libération de l’Azawad (FLA).
À la suite de ces déclarations, Abdrahamane Keïta a été interpellé puis placé sous mandat de dépôt à Bamako.
Son procès est ouvert alors que le climat sociopolitique préoccupe des organisations de défense de la liberté de la presse au Mali. Son arrestation survient dans un contexte particulièrement délicat pour les voix critiques à l’égard de la junte militaire au pouvoir.
Récemment, la cour d’appel de Bamako a condamné les activistes maliens Mohamed Youssouf Bathily, dit « Ras Bath », et Sidibé Rokia Doumbia, dite « Rose Vie Chère », à dix ans de prison, dont sept ans ferme et trois ans avec sursis.
Il faut signaler que début août 2026, le journaliste malien Chahana Takiou a, lui aussi, été condamné à douze mois de prison, dont six mois ferme, par le pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Il lui était reproché d’avoir critiqué le fonctionnement de la justice malienne et les entorses à la liberté de la presse.


