Il y a un an, jour pour jour, le monde culturel tchadien perdait l’une de ses figures les plus dynamiques. Mbailelem Diontilo, plus connu sous le nom de scène de Willy Wildona, s’est éteint dans la nuit du 25 au 26 août 2025 à N’Djamena, à la suite d’un malaise cardiaque survenu de façon brutale. Un an après, l’émotion reste vive et les hommages continuent d’affluer, portés par sa famille, ses admirateurs et de nombreux acteurs de la scène artistique nationale.
En ce jour anniversaire, les réactions recueillies auprès des internautes traduisent un deuil qui n’a rien perdu de son intensité. Sur les réseaux sociaux, les messages de tristesse se mêlent à des témoignages de reconnaissance envers celui que beaucoup considéraient comme un pilier du showbiz tchadien. Pour ses fans, la disparition de Willy Wildona demeure une perte immense pour la culture nationale, à la mesure de l’empreinte qu’il a laissée en quelques années seulement d’engagement.
La tonalité générale de ces prises de parole rappelle celle observée lors de la disparition d’autres figures très en vue : hommages appuyés, souvenirs personnels partagés en cascade, et le sentiment diffus qu’une page s’est définitivement tournée pour la scène culturelle tchadienne.
Formé en tant qu’inspecteur des impôts, Willy Wildona s’était fait connaître bien au-delà de sa profession grâce à son engagement pour la jeunesse et les arts. Fondateur de la structure événementielle Team Wildona, il est notamment à l’origine de la Semaine culturelle et récréative, un rendez-vous devenu incontournable pour les jeunes talents du pays. La première édition, organisée à N’Djamena en mars 2023 autour du thème de la cohabitation pacifique, avait réuni ateliers, concerts, expositions et débats publics. Une deuxième édition s’était tenue à Moundou en mai 2024, avant qu’une troisième ne se déroule dans la même ville en avril 2025, quelques mois seulement avant sa disparition.
Au-delà de l’organisation d’événements, c’est une véritable philosophie de la culture comme ciment social que défendait Willy Wildona, convaincu que la musique, le théâtre, la danse et les arts visuels pouvaient contribuer à rapprocher les communautés et à offrir à la jeunesse un espace d’expression.
Plusieurs figures du monde culturel tchadien avaient tenu, dès l’annonce de son décès, à saluer la mémoire de celui qu’ils décrivaient comme un homme généreux, attentif et perfectionniste, toujours prêt à soutenir les autres. Un an plus tard, ces mêmes acteurs continuent de rappeler son rôle de promoteur culturel et l’impact durable qu’il a eu sur la scène artistique nationale, en particulier auprès des jeunes créateurs qu’il avait contribué à faire connaître à travers ses initiatives.
Si Willy Wildona n’est plus là pour porter lui-même la prochaine édition de la Semaine culturelle et récréative, l’œuvre qu’il a bâtie continue d’inspirer. Comme le veut l’adage, un artiste ne meurt jamais tant que son travail continue de vivre à travers ceux qu’il a marqués.
Mekila Alain



