Edito

L’urgence d’un sursaut collectif

L’urgence d’un sursaut collectif 1

Le Tchad traverse une séquence où les crises se superposent et s’entremêlent. A N’Djamena, l’épidémie de choléra rappelle la fragilité du système sanitaire. Dans le Logone Occidental, les tensions agropastorales à Laoukassy menacent la cohésion sociale et la sécurité alimentaire. A Farcha, l’incendie de la centrale thermique prive la capitale de 21 mégawatts, aggravant une situation énergétique déjà précaire.

Ces événements, pris isolément, pourraient sembler conjoncturels. Mais leur simultanéité révèle une faille plus profonde : l’absence de mécanismes solides de prévention et de gestion des crises. Les institutions locales, souvent débordées, peinent à anticiper et à coordonner des réponses efficaces. Les populations, elles, oscillent entre résignation et colère, tandis que les partenaires internationaux observent avec inquiétude.

Il est temps d’un sursaut collectif. Les autorités doivent renforcer la transparence et la réactivité, les communautés locales doivent renouer avec le dialogue et la solidarité, et les acteurs économiques doivent investir dans des infrastructures durables. Le Tchad ne peut se contenter de gérer les urgences au coup par coup : il lui faut bâtir une résilience nationale, capable de protéger ses citoyens et de consolider la paix sociale.

Car derrière chaque crise se joue l’avenir du pays : l’avenir de ses enfants, de ses villages, de ses villes. Et cet avenir ne peut être laissé aux flammes, aux épidémies ou aux violences.

La Rédaction