Politique

« Notre arrestation n’a servi à apporter ni un dividende ni une quelconque plus-value au Tchad », Max Kemkoye

« Notre arrestation n’a servi à apporter ni un dividende ni une quelconque plus-value au Tchad », Max Kemkoye 1

Arrêtés le 25 avril 2026, certains chefs de partis politiques passent leurs 100 jours en détention ce lundi 3 août 2026. A cette occasion, l’un d’entre eux, Max Kemkoye, président de l’Udp, s’adresse au Président de la République. Dans sa lettre, il dénonce une arrestation puis condamnation judiciaire ignoble et abjecte.

« Nous sommes en prison pas parce que nous avions commis une faute ou parce que nous étions en conflit avec la loi. Objectivement aucun et jamais. Mais, nous sommes en prison, simplement parce qu’un groupe d’individus ont voulu que nous soyons arrêtés, accusés, jugés et condamnés à cause de leurs intérêts, leurs carences, leurs faiblesses et incapacités à apporter une solution aux problèmes que rencontrent notre pays et nos compatriotes pour lesquels, ils ont bénéficié de votre confiance. Et plusieurs compatriotes sont dans la même situation que nous dans nombre de prisons », écrit Max Kemkoye. Selon lui, si leur « arrestation puis condamnation judiciaire ignoble et abjecte qui a enlevé tout crédit à notre justice dont notre détention depuis 100 jours aurait pu aider notre pays le Tchad et, surtout aurait, résolu une quelconque crise qu’elle soit de l’accès à l’électricité et l’eau, jugulé la cherté de vie, stabilisé les conflits communautaires, permis de mobiliser à l’international d’immense fonds nécessaires au financement de son développement ou, aurait pu obtenir un meilleur classement et placer notre pays au firmament du point de vue d’image à l’international, nous en serions très contents d’avoir participé de ce fait à ce que le Tchad ait pu être classé meilleur pays en 2026 tant sur le plan des droits de l’homme, sur le plan éducatif, économique que financier ; bref de gouvernance, en l’occurrence du développement socioéconomique ». Mais, à l’opposé des faits, regrette le Président de l’Udp, « nous observons, touchés au cœur, que notre arrestation n’a servi à apporter ni un dividende ni une quelconque plus-value au Tchad dans la mesure où, aujourd’hui sur le plan éducatif, financier et économique dont de la transparence budgétaire, d’Investissement Direct Étranger, de gouvernance publique, et du développement humain, somme toute, le Tchad figure parmi les derniers de la classe. En somme, aucun tableau n’est reluisant même au regard du taux de pauvreté ».

Pour Max Kemkoye, une large opinion nationale ne partage pas ce qu’ils subissent, « simplement parce que nous n’avions rien fait et ne ferons absolument rien de mal ou de contraire à la loi qui puisse mettre à mal notre pays et ses institutions ». En tant que démocrates et républicains dans l’âme, poursuit-il, « nous avons voulu tout simplement user d’un moyen constitutionnel dont un mode d’expression admis dans toute démocratie dont la marche pacifique, en suivant les règles édictées par la loi ou les règlements y afférents pour revendiquer le respect des droits, des libertés et de la justice que nous estimons mis à mal auquel cas, cela pourrait déboucher, si nous serions écoutés par le gouvernement, à un dialogue comme ça se fait en politique entre les gens civilisés, hélas !. Puisque déjà huit jours avant, l’on nous a enlevé et kidnappé le 25 avril 2026 sur nos lits, tôt le matin pour certains et dans un siège d’un parti en journée de la même date pour les autres ».

Le détenu Max Kemkoye rappelle au Président de la République que le feu, président de la République, Idriss Deby ITNO, avait dit : ‘‘après moi ça sera le chaos’’. « Depuis cinq ans que vous êtes, d’une façon ou d’une autre à la tête de l’État, c’est-à-dire d’abord comme président de Transition et, depuis plus de deux ans, comme président de la République bientôt à mi-mandat. Et, au vu de ce qui se voit ces derniers temps et se vit tant au niveau de la haute administration d’État dont institutionnel à tous les niveaux qu’au niveau inférieur de l’administration, faisons-en sorte que feu Idriss Deby ITNO n’ait pas raison.  Et, cette lourde responsabilité de nous éviter ce chaos repose malheureusement sur vous et est entre vos mains, vous, son fils. Si les prémices de ce chaos sont déjà là ou en train de s’installer, vous ne serez pas digne de l’héritage d’un homme qui a dirigé le Tchad pendant 30 ans. Qu’importe la manière dont il l’a dirigé, chacun en jugera et l’histoire retiendra ce qui est à retenir. Cependant, il n’y avait eu rien de ce que nous voyons aujourd’hui en ampleur et profondeur sur le fonctionnement de l’État et les enjeux majeurs y relatifs, qui auraient exister avant. Je vous épargne des détails », écrit Max Kemkoye. « Si vous réussissez, vous allez rentrer dans le Panthéon de notre histoire commune. C’est pourquoi, je vous invite et vous exhorte vivement de nous éviter ce chaos, aujourd’hui et maintenant. Il n’y a plus de temps à perdre. Car, la maison est en train de se déstructurer à cause des intérêts personnels de certaines personnes. Or, vous n’êtes pas là pour les intérêts des personnes, d’un groupe, d’une clique ou d’une camarilla mais ceux de chaque tchadienne et tchadien chaque jour et de tous les Tchadiens tout le temps », ajoute-t-il.

Il propose au Chef de l’Etat de lancer un vaste chantier de gouvernance structurelle maitrisée et contrôlée avec une Administration publique éthique et professionnelle. « Il vous faut amener les Tchadiens à respecter la loi et, à avoir la crainte du bien commun et de la laïcité, ce liant et ciment de notre République. Il vous faut réconcilier les Tchadiens entre eux et avec les lois et règlements ainsi qu’avec les institutions critiques, facteurs de paix, du vivre ensemble harmonieux, du respect pour soi et du respect d’autrui, de l’unité de la foi en la République. Il vous faut des hommes compétents et intègres, et il y en a quelques-uns un peu partout ici à l’intérieur du pays qu’au sein de la diaspora. Il vous faut des assises sectorielles et nationales républicaines pour une véritable catharsis et le pardon », propose Max Kemkoye depuis sa cellule. « Il faut, mais aussi et surtout, une conférence nationale administrative, institutionnelle et budgétaire pour la refondation des assises de l’État, de son fonctionnement efficace et efficient ainsi que de son autorité afin d’amorcer le développement réel jusqu’ici attendu de notre pays ».