Le Forum africain de l’eau s’est achevé jeudi à N’Djamena par l’adoption de la Déclaration de N’Djamena sur l’eau. Signé par 16 pays africains et cinq organisations régionales, ce texte fixe une feuille de route commune pour renforcer la sécurité hydrique, accélérer les investissements et faire de l’eau un levier de croissance économique, de création d’emplois et de résilience climatique sur le continent.
Réunis sous le thème « De la vision à l’action », chefs d’État, ministres, institutions régionales, partenaires techniques et financiers, investisseurs privés, chercheurs et représentants de la société civile ont réaffirmé leur volonté de placer l’eau au cœur des politiques de développement de l’Afrique.
La Déclaration de N’Djamena prévoit une mobilisation collective autour de quatre priorités : garantir un accès durable à l’eau pour les populations, renforcer la sécurité hydrique au service des systèmes alimentaires, protéger les ressources en eau et les écosystèmes, et faire de l’eau un facteur de création d’emplois, de résilience des villes et de prospérité partagée.
Les signataires se sont également engagés à accélérer la mise en œuvre des Pactes nationaux pour l’eau, à mobiliser les financements nécessaires aux investissements prioritaires et à renforcer la coopération dans la gestion des ressources hydriques et des bassins fluviaux transfrontaliers. À cette occasion, la Gambie, la Guinée, le Tchad et le Togo ont officiellement lancé leurs pactes nationaux.
De nouveaux financements annoncés
Le Forum a été marqué par la signature de plusieurs accords de financement destinés à renforcer la sécurité hydrique en Afrique.
Au Tchad, le Projet d’appui à la sécurité de l’eau et à la résilience (PASER) bénéficie d’un financement de 160 millions de dollars. Ce projet vise à améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, renforcer les moyens de subsistance des populations et accroître leur capacité à faire face aux effets du changement climatique.
Un financement additionnel de 50 millions de dollars a également été accordé au Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel II (PRAPS II). Il permettra d’améliorer l’accès à l’eau pour les communautés pastorales, de renforcer les services d’élevage et de promouvoir une gestion plus durable des ressources naturelles dans un contexte de pression climatique croissante.
Les participants au Forum ont insisté sur le fait que les ambitions de l’Afrique en matière d’emplois, de santé, de sécurité alimentaire et d’adaptation aux changements climatiques dépendront d’investissements durables dans le secteur de l’eau et d’une coopération régionale renforcée.
La Déclaration de Ndjamena sur l’eau s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Place à l’eau » (Water Forward), une coalition internationale réunissant États, banques multilatérales de développement, secteur privé et organisations philanthropiques. Son ambition est d’assurer la sécurité hydrique d’un milliard de personnes d’ici à 2030 en soutenant les réformes, les financements et les investissements autour de trois priorités : l’eau pour les populations, l’eau pour l’alimentation et l’eau pour la planète.


