Les marchés pétroliers ont connu une forte correction ce matin, le baril de Brent perdant près de 5 % pour retomber à 83,20 dollars. Très loin du pic de 114 dollars atteint au plus fort de la crise au Moyen-Orient, cette baisse réduit les superprofits du Tchad mais laisse les finances publiques à l’abri, grâce à un budget prudemment adossé à un cours de 65 dollars.
La semaine commence par un coup de frein brutal pour l’or noir. Ce lundi matin, le Brent (la référence internationale à laquelle est adossé le pétrole tchadien) a chuté pour s’échanger à 83,20 dollars le baril, contre plus de 87 dollars en fin de semaine dernière.
Cette baisse soudaine est la conséquence directe de l’annonce d’un accord de paix de principe historique entre les États-Unis et l’Iran, prévoyant la réouverture prochaine du détroit d’Hormuz. Ce dénouement diplomatique est venu dégonfler d’un coup la « prime de guerre » qui animait les marchés ces derniers mois.
Le souvenir d’un Brent à 114 dollars
Cette nouvelle donne marque un tournant majeur par rapport au printemps. Il y a encore quelques semaines, la fermeture du détroit d’Hormuz et le blocage des pétroliers avaient fait flamber les cours, propulsant le Brent jusqu’à un pic de 114 dollars le baril, son plus haut niveau depuis l’année 2022.
Pour les pays producteurs comme le Tchad, cette période de surchauffe a généré d’importantes rentrées de devises. Le retour à la normale actuelle efface donc ces gains exceptionnels.
Plus de peur que de mal grâce à la règle des 65 dollars
Pour le Tchad, dont les recettes dépendent massivement des exportations de brut, ce reflux à 83,20 dollars invite à la vigilance, mais ne déclenche pas d’alerte rouge.
Pétrole en hausse : pourquoi le Tchad n’en profite pas pleinement
En effet, dans sa loi de finances, le gouvernement tchadien a fait le choix de la prudence en établissant ses prévisions budgétaires sur un cours de référence de 65 dollars le baril. Par conséquent, malgré la baisse du jour, le prix du marché conserve une avance confortable d’environ 18 dollars par rapport au seuil critique. Le pays continue donc d’exécuter son budget sans déficit lié au prix de l’or noir.
Le défi de la décote reste entier
Si le budget de l’État n’est pas menacé à court terme, cette baisse rappelle les défis structurels de l’économie nationale. Le brut tchadien (notamment le Doba Blend) ne se vend pas au prix fort du Brent : il subit une décote liée à sa qualité lourde et aux frais de transport par l’oléoduc jusqu’au port de Kribi.
En résumé, la baisse de ce matin est un rappel de la volatilité extrême des marchés. Si la tendance baissière devait se poursuivre à long terme sous les 70 dollars, la marge de sécurité s’effriterait. Mais pour l’heure, la rigueur de la planification budgétaire à 65 dollars permet d’éviter tout vent de panique à Ndjamena.
GADNODJI Nako
