Santé

Ebola en RDC : 246 cas suspects, Africa CDC convoque une réunion d’urgence

Une épidémie du virus Ebola a été confirmée dans la province d’Ituri, en République démocratique du Congo, selon un communiqué publié jeudi par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Sur 20 échantillons analysés par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), 13 ont révélé la présence du virus. Les résultats préliminaires suggèrent une souche non zaïre, la plus connue et la plus mortelle des espèces d’ebolavirus. Le séquençage est en cours, avec des résultats attendus sous 24 heures.

À la dernière mise à jour disponible, 246 cas suspects et 65 décès ont été recensés, principalement dans les zones sanitaires de Mongwalu et Rwampara. Quatre décès ont été enregistrés parmi les cas confirmés en laboratoire. Des cas suspects ont par ailleurs été signalés à Bunia, capitale de la province d’Ituri, en attente de confirmation officielle. La présence du virus dans un centre urbain de cette taille constitue l’une des principales sources d’inquiétude des autorités sanitaires.

Des facteurs aggravants identifiés

Africa CDC pointe plusieurs éléments susceptibles d’accélérer la propagation de l’épidémie. Le contexte urbain de Bunia et de Rwampara, les mouvements intenses de population liés à l’activité minière à Mongwalu, l’insécurité persistante dans les zones touchées et les lacunes dans le suivi des contacts sont autant de variables qui compliquent la réponse. S’y ajoute la proximité géographique des zones affectées avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, deux pays frontaliers avec lesquels les échanges de population sont continus.

Coordination régionale d’urgence

Face à ces risques, Africa CDC a convoqué ce jeudi 15 mai une réunion de coordination de haut niveau réunissant les autorités sanitaires de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, ainsi qu’un large panel de partenaires internationaux : OMS, UNICEF, CDC américain et européen, Médecins Sans Frontières, Banque mondiale, Fondation Gates, ainsi que plusieurs laboratoires et fabricants pharmaceutiques dont Merck, Johnson & Johnson, BioNTech et Moderna. Les discussions portent sur la surveillance transfrontalière, la prévention et le contrôle des infections, la gestion des données et la mobilisation des ressources.

« Compte tenu du fort mouvement de population entre les zones touchées et les pays voisins, une coordination régionale rapide est essentielle », a déclaré le Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC.

Une souche encore à identifier

L’enjeu du séquençage dépasse la seule identification scientifique. La nature exacte de la souche déterminera la pertinence des contre-mesures médicales disponibles — vaccins et traitements — dont l’efficacité varie selon l’espèce d’ebolavirus en cause. Africa CDC a indiqué qu’il travaillera avec ses partenaires pour évaluer la disponibilité de ces outils dès que les résultats seront confirmés.

La maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels de personnes infectées ou décédées. La détection précoce, l’isolement rapide des cas, la recherche des contacts et des pratiques funéraires sécurisées demeurent les leviers essentiels pour contenir la propagation. Africa CDC appelle les populations des zones à risque à signaler tout symptôme et à éviter tout contact avec des cas suspects.