Tribune

Tchad : les communes ont- elles les compétences indispensables pour leurs politiques de développement ?

Tchad : les communes ont- elles les compétences indispensables pour leurs politiques de développement ? 1

Les ressources humaines sont au centre de tout développement. Dans la plupart des organigrammes des communes au Tchad, il n’apparaît nulle part les compétences pouvant aider le Conseil communal dans la mise en œuvre de sa politique urbaine.  Pour assumer correctement  les missions, à elles consacrée par les textes relatifs aux collectivités territoriales décentralisées, notamment la loi n° 002/PR/2OOO du 16 Février 2000, Portant Statuts des Collectivités Territoriales Décentralisées,  il est  indispensable que les communes  aient :

  • Un Secrétaire Général ayant une qualification professionnelle en administration publique ;
  • Un Economiste – Gestionnaire ;
  • Un Planificateur ;
  • Un Statisticien ;
  • Un Ingénieur en Travaux Public et Bâtiment ;
  • Un Ingénieur en Génie Civil ;
  • Un Ingénieur Urbaniste ;
  • Un Technicien Supérieur en Santé, Hygiène et Assainissement ;
  • Un Fiscaliste (pour détecter les niches de recettes dont les activités et matières imposables, fixer le montant des impôts, patentes et taxes et les soumettre à l’appréciation du Conseil communal). La liste n’est pas exhaustive.

Ces cadres, même si les communes n’ont pas de ressources financière nécessaire pour leur recrutement,  l’Etat peut les  leur fournir au titre de la Loi n° O17/PR/ 2001, Portant Statuts Général de la Fonction Publique, en sa Section III / Du Détachement. Certaines de ces compétences tournent les pouces à ne rien faire, à longueur de journée dans les bureaux, alors qu’elles perçoivent régulièrement leurs traitements, salaires.

Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Bonne Gouvernance, comme l’incivisme est de taille dans ce pays, doit mettre dans son agenda  un projet d’élaboration d’un Code de la Voirie Routière pour protéger les ouvrages urbains et leurs installations accessoires (lampadaires, rond points, caniveaux…) et les détériorations  des chaussées par les tierces personnes. A cet effet, il est souhaitable de créer un numéro vert pour permettre  à tout citoyen de signaler à la Mairie les infractions de voirie.

Aussi, que l’exécution des travaux soit assortie de clauses de garantie  et que les marchés publics soient attribués aux entreprises crédibles.

La refondation du Tchad, le Tchad que nous voulons et Tchad Connexion 2030, tous ces slogans, au relent patriotique, ne doivent- ils pas commencer dans nos familles respectives pour s’étendre à l’Etat et ses démembrements ?

 

                                            Djékourninga Kaoutar Lazare,

                                     Administrateur Civil à la retraite

                                        N’Djaména- Tchad.