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Tchad : la journée mondiale de l’alimentation célébrée à Alkoudou

Tchad : la journée mondiale de l’alimentation célébrée à Alkoudou 1

Le Tchad, à l’instar des autres pays du monde, a célébré ce vendredi 16 octobre 2026 la journée mondiale de l’alimentation. Pour cette 46e édition, c’est la localité d’Alkoudou, située à cinquantaine de kilomètres de N’Djamena, qui a été choisie par le ministère de la production et de l’industrialisation agricole et ses partenaires notamment l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme alimentaire mondial.

« Innover aujourd’hui pour nourrir demain », tel est le thème de cette 46e édition de la journée mondiale de l’alimentation qui marque également les 81 ans de la création de la Fao. Pour la sous-préfète de Djarmaya, Khadidja Moussa Rozi, ce thème « rappelle que la sécurité alimentaire est une responsabilité collective qui exige notre engagement ».

Le représentant résident de la Fao Aristide Ongone Obame estime que le thème retenu cette année, « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », est particulièrement pertinent pour le Tchad, un pays doté d’importantes potentialités agricoles, pastorales et halieutiques, mais confronté à des défis considérables liés aux changements climatiques, à l’irrégularité des précipitations, à la dégradation des terres, aux déplacements de populations et à la vulnérabilité des moyens d’existence de nombreux ménages. « Face à ces défis, nous devons dépasser les approches traditionnelles et engager une transformation profonde de nos systèmes agroalimentaires. Il ne suffit plus de produire davantage ; nous devons également produire mieux, réduire les pertes, améliorer la transformation et la conservation des aliments, faciliter leur commercialisation et garantir que les populations les plus vulnérables puissent y accéder », estime-t-il.

Aristide Ongone Obame poursuit qu’il faire de l’innovation et de la technologie les moteurs de la transformation agricole. « L’innovation ne doit pas être considérée comme un luxe réservé aux pays les plus avancés. Elle constitue aujourd’hui une nécessité pour les pays qui, comme le Tchad, souhaitent valoriser leur potentiel agricole et renforcer leur souveraineté alimentaire », ajoute le représentant de la Fao. Il explique que l’innovation peut prendre plusieurs formes : « l’utilisation de semences améliorées adaptées aux conditions agroécologiques, le développement de l’irrigation et du pompage solaire, la mécanisation adaptée aux petites exploitations, les services numériques de conseil agricole, les systèmes d’alerte précoce et les techniques de gestion durable des sols et de l’eau. L‘innovation concerne également les pratiques agricoles et les modèles économiques, l’agroécologie, l’agriculture intelligente face au climat, l’intégration agriculture-elevage, la restauration des terres dégradées et la valorisation des ressources locales sont autant de voies permettant d’accroitre durablement la productivité tout en préservant le capital naturel ».

Pour le ministre de la production et de l’industrialisation agricole, Keda Balla, la célébration de la journée mondiale de l’alimentation je cette année est marquée par les défis liés aux changements climatiques. « Le contexte actuel nous invite à opérer un véritable changement de paradigme dans notre conception et notre pratique du développement agricole et pastorale. Nous devons faire de l’innovation et de la technologie, le moteur de la transformation de notre agriculture. Il ne s’agit plus seulement d’accroitre les superficies cultivées ou de renforcer les capacités productives de nos agriculteurs, mais aussi de construire un secteur agricole moderne, compétitif, résilient et créateur de richesses, capable de répondre durablement aux besoins alimentaires d’une population en constante croissance » ajoute-t-il. Le ministre explique que « ce changement d’approche suppose de passer progressivement d’une agriculture traditionnelle, fortement vulnérable aux aléas climatiques à une agriculture fondée sur les connaissances scientifiques, innovation technologique, la maitrise de l’eau, la mécanisation moderne et adaptée et l’utilisation efficiente des ressources naturelles. Il s’agit notamment de promouvoir l’irrigation et les systèmes de pompage solaires, la mécanisation des opérations agricoles, les semences améliorées, les techniques de gestion durable des sols, ainsi que la digitalisation permettant de mieux anticiper les risques climatiques, de suivre les campagnes agricoles et d’améliorer les décisions des producteurs. L’innovation doit également être placée au cœur du développement des filières agroalimentaires, de la production à la transformation, la conservation et la commercialisation ».

La cérémonie a été également marquée par visite guidée des stands et la remise des semences et matériel agricole aux groupements.