Politique

Partiellement faux : Les bases américaines au Kenya et au Nigeria n’ont pas été visé par l’Iran

L’ambassadeur d’Iran au Kenya a écarté toute menace contre Nairobi, tandis que la coopération militaire américaine au Nigeria s’est simplement recentrée sur le renseignement.

Alors que les tensions entre Téhéran et Washington dominent l’actualité internationale, une publication affirmant que le Kenya et le Nigeria seraient devenus des cibles potentielles de l’Iran, en raison de leur coopération militaire avec les États-Unis, circule largement sur les réseaux sociaux. Une vérification approfondie montre qu’il s’agit d’un mélange de faits réels et trompeurs.

Publiée sur X (anciennement Twitter) par le compte PanAFreekaNews, l’allégation affirme que :

« Le Kenya et le Nigeria se retrouvent dans le collimateur de l’Iran en raison du renforcement de leur coopération militaire avec les États-Unis. Dans le contexte de l’agression américano-sioniste en Iran, Téhéran affirme vouloir viser les bases, installations et moyens militaires américains susceptibles de soutenir des opérations contre son territoire, y compris lorsqu’ils sont situés dans des pays alliés. »

« Téhéran averti donc que toute infrastructure africaine mise à la disposition de l’armée américaine pourrait être considérée comme une cible potentielle si elle participait aux opérations contre l’Iran. » 

Les vérifications menées par Le Pays montrent que cette allégation est partiellement fausse. 

L’ambassadeur d’Iran au Kenya, Ali Gholampour, a démenti dans un article publié par Nairobi News, le message selon lequel, son pays hôte est dans le collimateur de l’Iran. 

« Nos missiles n’atteindront pas le territoire kényan. Notre gouvernement a délibérément limité leur portée à des fins strictement défensives afin de démontrer ses intentions des intentions pacifiques », a déclaré Ali Gholampour, lors d’une conférence de presse donnée le 2 mars 2026.

Selon l’ambassadeur iranien, l’Iran a volontairement limité la portée de ses missiles à 2 000 kilomètres. Or, une recherche sur la distance entre l’Iran et le Kenya indique environ 3 956 kilomètres à vol d’oiseaux. Si l’on retient cette limite de 2 000 kilomètres, les missiles concernés ne pourraient donc pas atteindre le Kenya depuis l’Iran : il resterait plus de 1900 kilomètres à parcourir au-delà de leur portée annoncée.

Partiellement faux : Les bases américaines au Kenya et au Nigeria n’ont pas été visé par l'Iran 1

Une recherche montre également que la distance entre le Nigeria et l’Iran est d’environ 5 297 km, soit au-delà de la portée des missiles évoquée par l’ambassadeur Ali Gholampour.

Par ailleurs, la consultation des données du US Base Project ne montre pas le Nigeria parmi les pays répertoriés comme accueillant une base militaire américaine.

Les autorités nigérianes ont toutefois confirmé la présence d’environ 200 militaires américains dans le pays dans le cadre d’activités conjointes de formation et de partage de renseignements.

Pourtant, selon l’ambassadeur iranien au Kenya, l’Iran cible les bases susceptibles d’être utilisées pour lancer des frappes contre son territoire, et non toutes les installations accueillant une présence militaire américaine.

Le Pays a vérifié une publication affirmant que l’Iran a placé le Kenya et le Nigeria dans son collimateur militaire en raison de leur coopération avec les États-Unis, et l’a trouvée PARTIELLEMENT FAUSSE.

 

Cette vérification des faits a été produite par DEUHB Emmanuel pour le journal Le Pays dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été réalisée avec le mentorat entre pairs de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, avec le soutien financier de l’Initiative pour la Démocratie Numérique, dans le cadre du projet Digitalise Youth, dirigé par European Partnership for Democracy (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La prise de décision éditoriale reste du ressort de Le Pays. Vous souhaitez en savoir plus ? Visitez : https://factcheck.africa/