Le rejet du pourvoi en cassation de Succès Masra par la Cour suprême ce jeudi clôt un cycle judiciaire ouvert il y a un an, au lendemain du massacre de Mandakao. La décision est définitive au regard des voies de recours ordinaires. Elle laisse ouverte une seule porte : la grâce présidentielle. Ce dénouement s’inscrit dans une séquence politique tchadienne où la frontière entre le judiciaire et le politique reste, aux yeux de nombreux observateurs, difficile à tracer.
Pendant ce temps, N’Djamena cherche à retrouver une discipline urbaine que des années d’expansion non maîtrisée ont progressivement érodée. Les autorités ont fixé une échéance de deux semaines aux occupants irréguliers des voies publiques. Le message est ferme. Il l’a souvent été. Ce qui distinguera cette initiative des précédentes sera l’effectivité de son application et la capacité des institutions à maintenir l’effort dans la durée.
Sur le plan humanitaire, la mobilisation de la FAO pour quatre provinces en phase d’urgence critique rappelle une réalité structurelle : 3,3 millions de Tchadiens font face à une insécurité alimentaire aiguë. Le financement d’urgence permet de gagner du temps avant la soudure. Il ne résout pas les causes profondes, au croisement des conflits locaux et des dérèglements climatiques.
La Cour suprême confirme la condamnation de Succès Masra à vingt ans
La Chambre judiciaire de la Cour suprême a rejeté ce jeudi le pourvoi de la défense de Succès Masra, confirmant la condamnation à vingt ans de réclusion prononcée le 9 août 2025. L’ancien Premier ministre, président des Transformateurs, reste détenu à la Coordination de la Police judiciaire. Il avait été reconnu coupable de diffusion de messages haineux et de complicité de meurtre, en lien avec le massacre de Mandakao. Seule une grâce présidentielle peut désormais modifier sa situation. Human Rights Watch et l’ACAT dénoncent depuis l’ouverture une procédure à coloration politique.
N’Djamena : deux semaines pour libérer les espaces publics
Le ministre de la Sécurité publique et le ministre délégué à la Décentralisation ont réuni ce jeudi les responsables sécuritaires et municipaux de la capitale autour de la problématique de l’ordre urbain. Un délai de deux semaines a été accordé aux occupants irréguliers des voies publiques, une commission mixte étant chargée du suivi. Les ministres ont dénoncé les complicités facilitant la circulation non autorisée des gros porteurs et ordonné le dégagement des carrefours. Maires et délégués communaux ont été directement interpellés sur leurs responsabilités.
L’ADHET interpelle le gouvernement sur Boko Haram, la politique et l’école
Lors d’un point de presse le 20 mai, le secrétaire général de l’ADHET, Abba Daoud Nandjedé, a soutenu les opérations de l’armée tchadienne au lac Tchad contre Boko Haram, rejetant les demandes d’enquête de certaines organisations internationales qu’il juge motivées par des intérêts diplomatiques. Sur le plan politique, l’organisation a appelé majorité et opposition à ouvrir des pourparlers, estimant que « l’option judiciaire n’a jamais réparé les divergences politiques ». Concernant l’école, l’ADHET a averti le gouvernement de ne pas interpréter la retenue des enseignants comme une renonciation à leurs revendications salariales.
72 000 personnes ciblées par une aide d’urgence dans l’est et le lac
La FAO a reçu 4 millions de dollars du Fonds humanitaire régional pour intervenir en urgence dans quatre provinces tchadiennes : le Ouaddaï, le Wadi Fira, le Sila et la région du Lac. L’opération cible 12 200 ménages, soit environ 72 200 personnes classées en phase 4 du Cadre harmonisé. Le dispositif combine transferts monétaires, semences, outils agricoles et aliments pour le bétail, afin d’anticiper la période de soudure. Au niveau national, 3,3 millions de Tchadiens sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Un nouveau-né abandonné à Sarh, une dizaine de familles prêtes à l’adopter
Un nourrisson a été découvert ce matin abandonné dans l’enceinte de la Grande Mosquée de Sarh par l’épouse du gardien. Les autorités communales, la gendarmerie et les responsables cantonaux se sont rendus sur place pour les constats d’usage. Selon la mairie de Sarh, plus d’une dizaine de personnes ont déjà manifesté leur souhait d’adopter l’enfant. En attendant l’engagement des procédures administratives, le nourrisson a été conduit à l’hôpital où il reçoit les soins nécessaires.
