N’Djaména a accueilli, le 7 juillet 2026, le lancement d’un nouveau projet de coopération scientifique entre la France et le Tchad, destiné à renforcer la surveillance des arboviroses, ces maladies transmises par les moustiques comme la dengue, le chikungunya, le virus Zika ou la fièvre jaune. La cérémonie s’est tenue au Centre Hospitalo-Universitaire Le Bon Samaritain (CHU-BS), en présence de chercheurs tchadiens, français et internationaux.
Baptisé « Surveillance épidémiologique des arboviroses au Tchad selon l’approche Une seule santé », le projet est financé à hauteur de 90 000 euros sur un an par le Fonds Équipe France de l’Ambassade de France au Tchad. Il vise à combler un déficit criant de données fiables sur la circulation de ces virus dans le pays. Les récents épisodes de dengue et de chikungunya ont en effet mis en lumière les limites des capacités actuelles de diagnostic, rendant difficile l’anticipation des flambées épidémiques et l’adaptation des mesures de prévention.
Pour y remédier, le projet mise sur une approche intégrée, associant santé humaine, animale et environnementale, conformément au concept « Une seule santé » de plus en plus mobilisé dans la lutte contre les maladies infectieuses. Concrètement, il prévoit le renforcement de la plateforme technique du Laboratoire des Grandes Épidémies Tropicales afin de permettre le diagnostic moléculaire des principaux arbovirus, ainsi que des formations destinées aux biologistes, laborantins et personnels de santé pour harmoniser les pratiques de prélèvement, de diagnostic et d’analyse.
Une étude multicentrique sera par ailleurs menée dans plusieurs provinces du pays afin de documenter la circulation de ces virus chez des patients présentant des fièvres non palustres. L’ensemble des résultats sera restitué à l’occasion d’un symposium national, dont les recommandations doivent alimenter le renforcement durable de la surveillance épidémiologique au Tchad.
Le lancement du projet a été suivi d’une conférence du Professeur Mennechet consacrée au microbiote humain, un sujet qu’il a résumé en expliquant que les dix mille milliards de bactéries qui vivent en chacun de nous influencent nos maladies, nos vaccins, notre humeur, et peut-être même notre avenir, pouvant se révéler tour à tour notre meilleur allié ou notre pire ennemi.
Ce projet s’inscrit dans les priorités du Plan national de développement sanitaire du Tchad et répond à la volonté du gouvernement tchadien de disposer de données de qualité pour orienter ses politiques publiques. Il réunit des chercheurs tchadiens et leurs homologues français et internationaux autour d’une coopération fondée sur le partage des compétences et la formation d’une nouvelle génération de scientifiques.
En soutenant cette initiative, la France réaffirme sa conviction que la recherche, la formation et le renforcement des capacités locales constituent les meilleurs investissements pour l’avenir, la prévention des crises sanitaires valant toujours mieux que leur gestion dans l’urgence.



