Le peuple tchadien traverse une période de profond désarroi. Chaque jour, les difficultés s’accumulent : la cherté de la vie rend le panier de la ménagère de plus en plus léger, les hôpitaux débordent de patients frappés par la Dengue et le Paludisme, et les cimetières ne cessent de s’élargir. À cela s’ajoutent les retraités qui peinent à percevoir leurs pensions, les démobilisés qui réclament leur réinsertion, les médecins en attente d’intégration pour soigner des malades de plus en plus nombreux et les maîtres communautaires qui multiplient les sit‑in pour obtenir reconnaissance et subsides.
Face à cette réalité, les gouvernants semblent privilégier les visites inopinées, souvent médiatisées, censées montrer une proximité avec les citoyens. Mais ces déplacements, aussi spectaculaires soient‑ils, ne répondent pas aux doléances exprimées. Ils consomment des lignes budgétaires sans apporter de solutions durables aux crises sociales et sanitaires. Ces simagrées largement relayées sur les réseaux sociaux ne persuadent que les adeptes de la méthode Coué qui ne se persuadent qu’eux même à la fin de la journée.
Le rôle d’un gouvernement est de bâtir des politiques publiques solides, capables de soulager les souffrances quotidiennes. Il s’agit de garantir un système de santé fonctionnel, sécuriser les pensions des retraités, intégrer les professionnels en attente et de donner aux jeunes de perspectives. Les visites inopinées ne doivent pas être un exercice permanent, mais un outil parmi d’autres pour constater les réalités et ajuster les décisions.
Le peuple tchadien n’attend pas des gestes symboliques, mais des actes concrets. Il veut voir ses dirigeants s’asseoir autour de la table avec les syndicats, les associations et les communautés pour construire des réponses inclusives. Gouverner, c’est anticiper les crises, prévenir les tensions et offrir une vision claire.
Dans un contexte marqué par la fragilité sociale et sanitaire, la responsabilité des dirigeants est immense. Ils doivent comprendre que la confiance ne se gagne pas par des visites surprises suivies des annonces sans lendemain, mais par des politiques cohérentes et transparentes. Gouverner, c’est assumer la charge de répondre aux besoins essentiels, protéger les plus vulnérables et de tracer un chemin vers l’espérance. Le Tchad a besoin d’un sursaut. Gouverner, c’est bâtir, pas seulement apparaître.
La Rédaction



