La Compagnie culturelle et artistique « Les Kaya-kéndè » (CCK) a lancé, ce vendredi 28 août à N’Djamena, une formation de trois mois destinée à douze jeunes venus de la capitale et de plusieurs provinces . L’annonce a été faite par l’artiste Soléa Damas, directeur artistique de la Compagnie , lors d’une conférence de presse organisée à la Maison des instruments traditionnels.
Mis en œuvre dans le cadre de l’appel à propositions « Agir, Innover et Impacter », avec le soutien de l’ambassade de France au Tchad, la formation vise à transmettre les savoir-faire liés à la fabrication d’instruments traditionnels tout en favorisant l’insertion professionnelle des bénéficiaires.
Au-delà de l’apprentissage, l’initiative ambitionne de former une nouvelle génération d’artisans et de luthiers capables de préserver, de valoriser et de transmettre les traditions musicales tchadiennes.
« Nos instruments traditionnels constituent une part importante de notre identité. À travers leur fabrication, nous transmettons non seulement un savoir-faire, mais aussi une histoire, une culture et des valeurs », a souligné Soléa Damas.
Pendant trois mois, les apprenants seront initiés à la fabrication de plusieurs instruments traditionnels, dont le balafon, la sanza, la harpe traditionnelle, les percussions et la kora. La formation, pratique à 90 %, intégrera également des modules sur l’utilisation des instruments, la gestion d’un atelier et l’entrepreneuriat. « Notre ambition est de faire de la culture un moyen de transmission, d’autonomisation et d’insertion professionnelle. Nous espérons qu’à la fin de cette formation, ces jeunes pourront devenir des artisans, des luthiers, des entrepreneurs et des formateurs », a ajouté le directeur artistique.
Représentant l’ambassade de France au Tchad, la directrice déléguée de l’Institut français du Tchad (IFT), Clémence Denis, a relevé l’importance de cette formation , qui associe le développement des compétences à la préservation du patrimoine culturel « La fabrication des instruments traditionnels est une pratique ancestrale qui se transmet principalement de manière orale au Tchad. Cette formation répond donc à un véritable besoin de préservation des savoir-faire, tout en permettant aux jeunes d’apprendre un métier et de devenir autonomes », a-t-elle indiqué.
À l’issue de la formation, les douze bénéficiaires recevront un kit composé d’outils et de matériel afin de mettre en pratique les compétences acquises et de développer leurs activités.
Une nouvelle étape du projet est prévue en février 2027 avec l’intervention du formateur français Timothée Ferrari, spécialisé dans la fabrication d’instruments à partir de matériaux de récupération. Cette phase permettra aux jeunes d’explorer d’autres techniques de fabrication et de valoriser des matériaux recyclés, a annoncé la directrice déléguée de l’IFT.


