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Tchad : la COSADT réclame un dialogue inclusif après la grâce présidentielle

Tchad : la COSADT réclame un dialogue inclusif après la grâce présidentielle 1

Le coordonnateur de la Coalition pour Sauver la Démocratie au Tchad (COSADT), Izadine Ahmat Tidjani, dans une déclaration faite ce jeudi 27 août,  dans les locaux de la Télévision Al Nassour, a salué, la grâce présidentielle accordée le 14 août dernier à neuf leaders de l’opposition démocratique. Il a également appelé à l’ouverture d’un dialogue politique inclusif et au renforcement de la lutte contre la corruption.

Engagée depuis plusieurs années en faveur de la libération des prisonniers politiques, la COSADT qualifie cette grâce présidentielle d’« acte de grandeur » et d’« acte de souveraineté ». Elle y voit une avancée vers la décrispation de la vie politique et la réconciliation nationale.

La Coalition demande toutefois que cette mesure soit « pleinement respectée dans son esprit et dans sa lettre ». Elle rejette toute interprétation susceptible de transformer la grâce présidentielle en « une stigmatisation durable » ou en une entrave à l’exercice des droits civiques et politiques des bénéficiaires.

Pour la COSADT,  l’apaisement ne peut être imposé. Il doit être construit, selon lui, à travers un dialogue réunissant l’ensemble des forces politiques. « Nous réclamons l’ouverture d’un dialogue inclusif, sincère et impartial entre le pouvoir et l’opposition, ainsi qu’un calendrier clair pour la levée progressive des tensions et la garantie des libertés publiques », a  déclaré le Coordonnateur de la COSADT, Izadine Ahmat Tidjani.

S’appuyant sur une déclaration du chef de l’État selon laquelle « l’opposant n’est pas un ennemi », le coordonnateur de la COSADT estime que la grâce présidentielle doit marquer le point de départ d’un processus politique plus large.

« La grâce présidentielle a été un pas. Ne gâchons pas ce pas avec un dialogue à géométrie variable », a insisté Izadine Ahmat Tidjani, appelant à associer l’ensemble des sensibilités politiques aux discussions. « Un dialogue à moitié n’est pas un dialogue et une démocratie à moitié n’est pas une démocratie », a-t-il ajouté, exhortant le pouvoir à « être à la hauteur de l’histoire ».

La COSADT a également placé la lutte contre la corruption au cœur de sa déclaration. Elle réclame un renforcement « réel et immédiat » des pouvoirs de l’Agence indépendante de lutte contre la corruption (AILC), notamment à travers une plus grande indépendance budgétaire et institutionnelle, le renforcement de ses prérogatives d’enquête, la protection des lanceurs d’alerte et la mise en place de mécanismes publics de reddition de comptes.

Pour la Coalition , la lutte contre la corruption doit être « effective, impartiale et visible », sans devenir « un instrument de persécution politique ».

La Coalition pour Sauver la Démocratie au Tchad a réaffirmé sa disponibilité à participer à toute initiative susceptible de favoriser la réconciliation nationale, le respect des droits et une lutte efficace contre la corruption.

Rahila Biassou Til-Ndecka