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Am-Dafock : un nouveau front aux portes du Tchad

L’attaque d’Am-Dafock, dans l’extrême nord-est de la République centrafricaine, rappelle que la sécurité du Tchad reste étroitement liée à celle de ses voisins. Alors que la guerre au Soudan continue de déstabiliser toute la région, un nouveau foyer de tension émerge désormais sur le flanc sud du pays.

Une attaque qui ravive les inquiétudes

Le 30 juin 2026, la localité d’Am-Dafock, située dans la préfecture de la Vakaga, a été la cible d’une offensive menée par une coalition rebelle regroupée sous la bannière de l’Alliance pour un sursaut patriotique (ASP). Cette coalition rassemble notamment des éléments du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Noureddine Adam et du Mouvement démocratique pour le renouveau et le progrès de la Centrafrique (MDRPC) d’Arda Hakouma.

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L’attaque a visé les positions des Forces armées centrafricaines (FACA) ainsi que la base temporaire de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), faisant plusieurs victimes. Selon des sources locales, le bilan ferait état d’au moins 28 morts et de 25 blessés, tandis que trois Casques bleus zambiens ont été blessés.

Le conflit soudanais gagne du terrain

Cette nouvelle flambée de violence illustre l’extension des conséquences de la guerre au Soudan. Située sur un axe stratégique reliant Birao au Darfour, Am-Dafock est devenue un point de passage privilégié pour les groupes armés et les trafics transfrontaliers.

Des responsables locaux évoquent la présence de combattants issus des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises aux côtés de groupes rebelles centrafricains, une information qui n’a toutefois pas été officiellement confirmée par la MINUSCA. Après plusieurs jours d’incertitude, Bangui a annoncé, le 5 juillet, la reprise du contrôle de la ville par les FACA avec l’appui de leurs alliés.

Une pression humanitaire croissante

Les affrontements ont provoqué le déplacement de milliers de civils. Plus de 16 000 personnes se sont réfugiées aux abords de la base de la MINUSCA à Am-Dafock, tandis que plus de 2 000 autres ont trouvé refuge à Birao, dans des conditions particulièrement précaires.

Si ces déplacés demeurent pour l’instant en territoire centrafricain, la situation est suivie avec attention par les autorités tchadiennes. Le Tchad accueille déjà près d’un million de réfugiés ayant fui le conflit soudanais ainsi qu’environ 140 000 réfugiés centrafricains. Une aggravation de la crise pourrait rapidement accroître la pression humanitaire sur les provinces méridionales du pays.

Une sécurité désormais indissociable

Avec plus de 1 000 kilomètres de frontière commune et des communautés vivant de part et d’autre des limites territoriales, le Tchad et la République centrafricaine partagent désormais un même défi sécuritaire. La guerre au Soudan, la résurgence des groupes armés en Centrafrique et la circulation des combattants redessinent les équilibres régionaux.

Pour N’Djamena, la menace ne se limite plus au front oriental. L’instabilité qui gagne progressivement le sud du pays rappelle que les crises régionales sont désormais interconnectées. Plus qu’un simple épisode de violence, l’attaque d’Am-Dafock souligne l’urgence d’une coopération sécuritaire renforcée entre les États de la sous-région afin d’éviter que ce foyer d’instabilité ne se transforme en une nouvelle menace durable pour l’ensemble du bassin du lac Tchad et de l’Afrique centrale.