Politique

Tchad : La Coalition contre l’impunité exige la libération des leaders politiques arrêtés et appelle au dialogue

Tchad : La Coalition contre l'impunité exige la libération des leaders politiques arrêtés et appelle au dialogue 1

Dans un communiqué conjoint publié ce mercredi 29 avril 2026, la Coalition contre l’impunité (CCI) regroupant la l’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH), le Public Interest Law Center (PILC) et l’Association des Femmes pour le Développement et la Culture de la Paix au Tchad (AFDCPT), dénonce une vague de répression coordonnée visant l’opposition politique au Tchad. Les signataires exigent la libération immédiate des leaders interpellés le week-end dernier et l’ouverture urgente d’un dialogue national.

Le 25 avril dernier, une opération menée par l’Agence Nationale de Sécurité (ANS) a conduit à l’arrestation de plusieurs figures du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP). Parmi les personnes détenues figurent le Professeur Avoksouma Djona (Les Démocrates) et son épouse, Néatobi Bidi Valentin (Parti Africain pour la Justice Sociale), le Dr Nassour Ibrahim Koursami (Les Patriotes), ainsi que Max Kemkoye (UDP). Par ailleurs, le journaliste Avenir de la Tchiré serait activement recherché par les services de sécurité.

Si le pouvoir justifie ces interpellations par une décision de la Cour Suprême interdisant la marche prévue pour le 2 mai, la Coalition contre l’impunité  rejette cet argument. Elle , qualifie ces actes d’« enlèvements » et d’atteintes graves aux libertés individuelles garanties par la Constitution. Elles s’ajoutent à un bilan déjà lourd, incluant la détention prolongée de Succès Masra, leader des Transformateurs, dont le procès est qualifié de « simulacre » par la CCI.

Face à ce qu’elles décrivent comme une « terreur d’État », les quatre organisations tiennent le régime pour responsable de l’intégrité physique et morale des détenus. Elles fustigent notamment l’arrestation de l’épouse du Professeur Avoksouma, dénonçant une « sanction pénale collective » qui contredit les engagements officiels sur l’égalité des genres. Le communiqué pointe également du doigt des atrocités signalées dans les zones du Dar Tama et du canton Korbol.

Pour restaurer l’État de droit, la Coalition contre l’impunité demande : la libération immédiate et sans condition de tous les leaders politiques  ; l’organisation d’un dialogue national inclusif, réel et transparent, pour restaurer l’État de droit et, l’implication des partenaires au développement, afin de faire du respect des droits humains une priorité absolue de la coopération avec le Tchad.

La coalition contre l’impunité réaffirme son engagement à la paix, à la justice à la dignité humaine, aux valeurs démocratiques pour un Tchad « apaisé »ou les droits de chaque citoyen sont respectés.