Edito

Le 3e gouvernement Allah-Maye : Rien de nouveau sous le soleil

Le 3e gouvernement Allah-Maye : Rien de nouveau sous le soleil 1

Mis à part le Dr Tom Erdimi qui a décidé lui-même de quitter le bateau, mis à part le ministre de la jeunesse et des sports, victime d’un crime de lèse-majesté pour avoir traité le Maréchal d’être un mauvais payeur, mis à part le sort de Boukar Michel sacrifié parce qu’il faut faire de la place à son corrégionnaire, le remaniement du 1er avril 2026, annoncé de longue date est un non évènement.

Formé le 1er avril 2026, le gouvernement Allah-Maye Halina III se veut l’incarnation d’une ouverture politique et d’une volonté de décentralisation. Mais derrière l’affichage, les défis s’accumulent : départs, arrivées et zones d’ombre qui interrogent sur la cohérence et la solidité de l’exécutif.

La recomposition ministérielle, marquée par l’entrée de figures de l’opposition et la création d’un poste de vice premier ministre n’a pas pour autant ému l’opinion. Pourtant les citoyens, ce ne sont pas les innovations institutionnelles qui comptent, mais les résultats concrets dans le quotidien et le panier de la ménagère. Avec 39 membres, dont Limane Mahamat désormais vice premier ministre, l’équipe devra affronter une série de crises sociales : bras de fer avec les enseignants sur le décret 2850, grève des médecins, colère des diplômés en attente d’intégration, sans oublier l’insécurité persistante illustrée par le kidnapping du Dr Lamsikréo par Boko Haram et la marche d’indignation annoncée par le Gcap.

L’ouverture politique dans ce gouvernement se matérialise par l’intégration de personnalités comme Sitack Yombatina, ancien vice président des Transformateurs, ou Abakar Naïr à la Jeunesse et aux Sports, appelé à redonner souffle à un secteur miné par les défaites de l’équipe nationale. Mais l’innovation la plus marquante reste la création du poste de vice premier ministre, confié à Limane Mahamat, censé renforcer la coordination et accélérer les réformes dans le cadre du dialogue national.

Le gouvernement Allah-Maye Halina III apparaît-il comme une thérapie aux différents maux qui minent le pays? Assurément non. Pour convaincre, cette équipe devra transformer les promesses en résultats tangibles, faute de quoi l’ouverture affichée restera un simple exercice de communication. Surtout que l’essentiel de l’attelage n’a pas bougé. Surtout que l’on sait que la vraie direction du pays est ailleurs…

Rédaction