Economie

La Banque mondial encourage la distribution électronique des intrants

Les experts de la Banque mondial ont échangé par téléconférence avec des journalistes du Tchad, du Niger, du Mali, et de la Guinée ce mercredi 12 juin 2019 sur la nécessité de distribuer des intrants agricoles subventionnés aux producteurs de ces pays au moyen de l’électronique afin d’améliorer l’efficacité, la transparence et la traçabilité de ces subventions.
Dans le souci de renforcer les capacités du secteur agricole dans un contexte caractérisé par le changement climatique, la baisse de la fertilité des sols et une forte demande de produits agricoles liée à la croissance démographique, un programme de distribution des intrants subventionné dénommé « système de bon électronique » a été mis en place en 2015-2016 au Mali.
Le programme vise à améliorer la transparence dans la distribution des intrants par un meilleur ciblage des producteurs agricoles les plus vulnérables et permettre le suivi et l’évaluation de l’utilisation de ces subventions et leurs impacts sur les utilisateurs. Il repose sur trois piliers : une base de données fiables d’agriculteurs enregistrés électroniquement dans les régions ciblées, une plateforme numérique pour message (téléphonie mobile) et un répertoire de distributeurs des intrants intégrant le secteur privé. Le système permet de corriger les lacunes des programmes traditionnels de distribution des intrants caractérisés entre autres, par le manque de transparence dans la sélection des fournisseurs d’intrant, une défaillance dans le ciblage des producteurs agricoles et une absence de transparence et de traçabilité dans l’allocation et la distribution des intrants. Conséquence, les subventions vont massivement aux agriculteurs les plus aisés au détriment des plus pauvres, ce qui pose le problème de l’efficacité du programme.
En 2017-2018, le programme est étendu au Niger et à la Guinée. Au Tchad, une étude de faisabilité du système est en cours, renseigne un rapport de la Banque mondiale. Mis en œuvre efficacement, le système de bons électronique pourrait renforcer le secteur agricole dans ce pays où la production est largement en deçà du potentiel agricole.

Ngaralbaye Mickaël