Le Sénégal célèbre ce 29 mai 2026 les 100 ans d’Abdoulaye Wade, figure incontournable de la vie politique africaine. Avocat, professeur et homme d’État, il incarne à la fois la ténacité d’un opposant historique et les paradoxes d’un pouvoir marqué par des ambitions panafricaines et des controverses.
Fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS) en 1974, Wade a porté haut le slogan Sopi (“changement”), devenu synonyme d’espoir pour des générations de Sénégalais. Après plus de deux décennies dans l’opposition, ponctuées d’emprisonnements et de défaites électorales, il accède à la présidence en 2000, marquant la première alternance démocratique du pays.
Durant ses douze années au pouvoir, il impulse de grands projets d’infrastructures et cherche à positionner le Sénégal comme acteur majeur du panafricanisme. Son mandat est également marqué par une ouverture au multipartisme et par la consolidation d’un cadre électoral consensuel.
Si Wade est salué comme le “pape du Sopi” et le père de l’alternance démocratique, son image reste ternie par la volonté de briguer un troisième mandat en 2012, perçue comme une dérive autoritaire. Les critiques visent aussi la gestion du pouvoir et les soupçons de succession dynastique autour de son fils Karim Wade.
A Dakar, les hommages officiels sont prévus les 4 et 5 juin 2026, avec une cérémonie au Grand Théâtre, des concerts, une exposition et un colloque scientifique au Monument de la Renaissance africaine.
Ce qu’il faut retenir, Abdoulaye Wade demeure une figure ambivalente : un combattant infatigable pour la démocratie, mais aussi un dirigeant dont la fin de règne a suscité débats et polémiques. Son centenaire rappelle l’importance de son rôle dans l’histoire du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, entre lumière et zones d’ombre.
Bref, Abdoulaye Wade reste une figure incontournable de l’histoire politique africaine : un homme qui a marqué le Sénégal par son combat pour la démocratie, mais dont la mémoire collective conserve aussi les zones d’ombre de son exercice du pouvoir.


