Quarante-cinq ans après la disparition de Bob Marley, survenue le 11 mai 1981 à Miami (Floride, USA), les admirateurs du Roi du Reggae à Sarh continuent de faire vivre son héritage musical, spirituel et panafricain. Ce matin, le journal Le Pays s’est entretenu avec deux figures passionnées du mouvement rastafari dans la ville : Djimasra Emmanuel, artiste plasticien, et Asrabaye Tolnguédji, plus connu sous le nom de As Trompette.
Avec émotion et admiration, les deux hommes ont retracé le parcours exceptionnel de celui qu’ils considèrent comme « le prophète des Rastas ».
Né le 6 février 1945 à Nine Miles, en Jamaïque, Bob Marley est issu d’une mère afro-jamaïcaine et d’un père d’origine britannique. À travers le reggae, il a porté un message universel de paix, de justice et d’unité des peuples noirs. Pour Djimasra Emmanuel, « Marley n’était pas seulement un musicien, il était une conscience africaine, une voix des sans-voix ».
Les fans rappellent également les paroles prophétiques de l’artiste : « Tant que la couleur de la peau ne sera pas discréditée et abandonnée, il y aura toujours la guerre en Afrique ». Une pensée qui, selon eux, a inspiré plusieurs dirigeants africains tels que le guide libyen Mouammar Kadhafi et l’ancien président zimbabwéen Robert Mugabe dans leur vision de l’unité africaine.
As Trompette explique que les couleurs symboliques associées à Bob Marley traduisent toute une histoire et une mémoire collective : le vert représente la nature et l’authenticité du peuple noir ; le jaune évoque les richesses minières et l’or du continent africain ; tandis que le rouge symbolise le sang versé par les Africains durant l’esclavage, la déportation et les souffrances endurées loin de leur terre d’origine, notamment dans les plantations de canne à sucre et de café en Amérique latine, en Europe et en Asie.
Pour les deux passionnés, Bob Marley demeure un guide spirituel et un défenseur infatigable de la dignité humaine. « Marley était un homme pragmatique, un prédicateur de paix et d’amour », souligne Djimasra Emmanuel.
Au terme de l’entretien, les deux fans ont lancé un appel vibrant aux peuples africains afin de cultiver l’unité et la solidarité, conformément au message véhiculé dans le célèbre titre Blackman Redemption.
Dans une atmosphère empreinte de nostalgie et d’espoir, ils ont conclu d’une même voix :
« Bob Marley à jamais dans nos cœurs. One Love à tous les rastamans ! »
Amadjibeye Prosper


