Economie

Tchad : l’AILC dénonce l’arrestation de ses agents lors d’un contrôle à la SHT

Tchad : l’AILC dénonce l’arrestation de ses agents lors d’un contrôle à la SHT 1

Dans un communiqué publié ce 12 août 2026, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) affirme que plusieurs de ses responsables et agents ont été arrêtés lors d’une opération de contrôle à la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT).  L’institution dénonce une « entrave » à l’exercice de ses missions et saisit le président de la République.

Les faits remontent à une opération de contrôle et de vérification menée à la SHT en vertu de l’ordre de mission N°027 du 1er juillet 2026. Selon l’AILC, cette opération porte sur la gestion financière, matérielle et humaine de la société depuis 2024.

Dans le cadre de cette mission, les contrôleurs ont notamment demandé les documents permettant de vérifier « l’exhaustivité, la sincérité et la régularité » des recettes issues de la commercialisation du pétrole brut par la SHT.

Selon l’AILC, la direction de la SHT avait d’abord refusé de transmettre les documents demandés. Après un rappel des obligations légales, la directrice commerciale aurait finalement imprimé les factures concernées. Les documents ont ensuite été remis aux contrôleurs contre décharge, en présence du directeur général adjoint.

C’est à la suite de cette remise que, selon l’AILC, des agents de l’Agence nationale de sécurité de l’État (ANSE) sont intervenus. La contrôleure générale adjointe, le directeur général des investigations et du contentieux, ainsi que plusieurs contrôleurs et assistants auraient été « menottés, encagoulés, violentés », avant d’être conduits dans un minibus vers les locaux de l’ANSE, où ils auraient été retenus plusieurs heures.

L’Autorité affirme également que leurs téléphones et ordinateurs ont été confisqués et que leurs contenus ont été exploités. Elle indique qu’un autre groupe d’agents de l’ANSE aurait, parallèlement, tenté de forcer l’accès au bureau du contrôleur général au siège de l’AILC.

L’institution condamne « avec la plus grande fermeté » ces faits, qu’elle considère comme une atteinte à son indépendance. Elle invoque notamment l’article 51 du décret N°1816, qui prévoit des protections pour ses responsables et agents dans l’exercice de leurs fonctions.

Malgré ce qu’elle qualifie de « climat de terreur et d’intimidation », l’AILC assure qu’elle poursuivra son contrôle à la SHT afin de « rétablir la vérité sur la gestion des ressources pétrolières » et de situer les responsabilités.

Concernant l’arrestation et les traitements qu’elle affirme avoir subis, l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption dit en référer au président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, afin que soient tirées « toutes les conséquences pénales, administratives et disciplinaires » à l’encontre du directeur général de l’ANSE et des agents impliqués.