Un conflit intercommunautaire a opposé, les 2 et 3 septembre 2026, les communautés de Bangoul et de Békamba, dans le département du Mandoul Occidental. Les affrontements ont fait au moins un mort parmi les habitants de Bangoul et quatre blessés du côté de Békamba, selon des informations recueillies le 4 septembre auprès de responsables sanitaires.
La responsable du centre de santé APSVT de Bekamba, Doloret Yantar, indique que deux jeunes blessés, originaires du quartier Békamba 2, ont été admis dans la structure mercredi 2 septembre, vers 19 heures. Il s’agit de Togye-Allah, 27 ans, et de Nguemadji, 24 ans.
Selon la responsable sanitaire, une altercation entre des jeunes de Békamba et de Bangoul aurait dégénéré en affrontements. Cette première confrontation aurait fait un mort du côté de Bangoul et un blessé parmi les habitants de Békamba.
Le lendemain, jeudi 3 septembre, vers 9 h 32, le centre de santé APSVT a encore enregistré deux nouveaux blessés. Ramadji Gueralbayé, 20 ans, grièvement touché, a été placé en soins intensifs. Allasra Nanitobé, 24 ans, a également été admis pour des blessures.
Rencontré par l’équipe du journal Le Pays, Allasra Nanitobé raconte avoir été agressé alors qu’il se trouvait au champ : « Nous étions au champ, non loin de la limite entre Bangoul et Békamba. Un groupe de jeunes s’est dirigé vers nous sans motif apparent. Ils nous ont arraché nos téléphones avant de nous frapper. J’ai reçu un coup de sagaie à la cuisse droite. J’ai pris la fuite pour rejoindre la brigade, mais mon ami Ramadji Gueralbayé a reçu plusieurs coups de bâton à la tête et ne parvenait pas à s’échapper ».
Informé de la situation, le secrétaire général de la province du Mandoul, Djimas Ndjedouboum, a dépêché les forces de l’ordre sur le terrain afin de rétablir le calme et de sécuriser les populations.
À la suite de leur intervention, le calme est revenu dans les deux communautés. Les forces de sécurité, en collaboration avec les autorités administratives locales, maintiennent leur présence dans la zone afin de prévenir d’éventuels nouveaux affrontements.
Un vieux contentieux frontalier à l’origine des tensions
Selon les informations recueillies sur place, les communautés de Bangoul et de Békamba sont confrontées depuis plusieurs années à des tensions liées à la délimitation de la zone frontalière qui les sépare. Ce différend, transmis au fil des générations, constitue une source récurrente de conflits entre les deux communautés.
Les affrontements survenus les 2 et 3 septembre ravivent ainsi les tensions autour de cette question et mettent en évidence la nécessité de renforcer le dialogue et les mécanismes de médiation entre les communautés concernées.
La recherche d’une solution durable autour de cette question frontalière apparaît indispensable pour préserver la paix et la cohésion sociale dans le Mandoul occidental.
Amadjibeye Prosper



