Culture

Koumra : la 5e édition du FECIM met le cinéma au service du climat

Koumra : la 5e édition du FECIM met le cinéma au service du climat 1

La 5e édition du Festival du cinéma (FECIM) s’est officiellement ouverte le jeudi 1er octobre 2026 au Centre culturel Don Champagnat de Koumra. Pendant trois jours, cinéastes, jeunes talents, artistes, professionnels des médias et délégations venues du Tchad et de la sous-région se retrouvent autour du thème « Le cinéma, voie du climat : sensibiliser au changement climatique par l’image ».

À travers cette édition, les organisateurs entendent faire du cinéma un outil pour raconter le territoire, interpeller les communautés et donner à la jeunesse un espace d’expression sur les questions environnementales.

La cérémonie d’ouverture a réuni les autorités, des professionnels du cinéma, des représentants des médias, des artistes, des jeunes participants ainsi que des délégations venues de plusieurs provinces du Tchad et de l’étranger. Pour les organisateurs, cette mobilisation témoigne du chemin parcouru depuis la création du festival.

La présidente du comité d’organisation, Longaye Martine, a salué les efforts ayant permis la tenue de cette édition. Elle a notamment souligné l’engagement de l’équipe organisatrice, des bénévoles, des partenaires techniques et financiers ainsi que des autorités ayant accompagné le processus.

Le programme des trois jours prévoit des ateliers d’écriture de scénario, de jeu d’acteur, de montage vidéo, de caméra et de communication, ainsi que des masterclass, des projections, une compétition officielle et des rencontres entre professionnels et médias. S’adressant particulièrement aux jeunes, Longaye Martine les a invités à profiter de la présence des professionnels pour apprendre, échanger, poser des questions et partager leurs idées.

De son côté, le délégué du festival, Noubainguerassem Jonathan, a retracé le parcours du FECIM depuis sa création. Il y a cinq ans, le festival n’était encore qu’une initiative portée par quelques jeunes réalisateurs et acteurs du cinéma tchadien. Les différentes éditions ont été confrontées à plusieurs difficultés, notamment la recherche de partenaires et les contraintes liées à l’organisation.

La persévérance des organisateurs a toutefois permis au rendez-vous de se développer. L’ambition affichée aujourd’hui est de poursuivre cette progression et de donner au FECIM une dimension internationale. Cette 5e édition accueille ainsi des délégations et des professionnels venus de plusieurs horizons, notamment de Moundou, du Grand Moyen-Chari, de Béjando et de N’Djaména, ainsi que des invités de la sous-région, notamment du Cameroun, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire.

Pour Naradoum David, représentant du président du Conseil provincial du Mandoul, l’évolution du FECIM montre qu’une initiative locale peut devenir un rendez-vous culturel dépassant les frontières provinciales. Il a insisté sur la place de la jeunesse dans cette dynamique.

Former des jeunes au cinéma à Koumra et leur permettre de raconter leurs propres histoires constitue, selon lui, une forme concrète de décentralisation culturelle. Le thème de cette édition trouve également un écho particulier dans une province où une grande partie de la population vit de l’agriculture. Le représentant du Conseil provincial a ainsi appelé les jeunes à s’emparer de la caméra pour documenter les effets du dérèglement climatique et contribuer au plaidoyer en faveur de l’environnement.

Représentant le ministère du Développement touristique, de la Culture et de l’Artisanat, Mme Tarmadji Ndoaoudoumgard Nicole a, pour sa part, souligné la portée du thème retenu pour cette 5e édition. Le cinéma est, selon elle, « bien plus qu’un divertissement ». À travers l’image, il peut montrer les effets du changement climatique sur les terres, les ressources naturelles et les populations, tout en encourageant les communautés à mieux protéger leur environnement.

La représentante du ministère a également encouragé les jeunes artistes et cinéastes à créer et à raconter des histoires autour des défis climatiques. Elle a salué la présence de réalisateurs et d’invités venus de différentes régions du Tchad et de la sous-région, estimant que cette participation contribue à renforcer les liens culturels.

Pour Guéry Alladabaye, secrétaire de séance de la mairie, l’accueil du festival constitue une occasion de mettre en valeur l’hospitalité de Koumra et de favoriser le partage de connaissances dans le domaine du cinéma. Il a également rappelé le rôle du 7e art dans la sensibilisation aux changements climatiques.

La cérémonie s’est achevée avec le lancement officiel des activités par Djimas Djedouboum, secrétaire général du délégué général du gouvernement auprès de la province du Mandoul. Il a encouragé les participants, notamment les apprenants, à tirer profit de l’expérience des professionnels présents durant les trois jours.

Du 1er au 3 octobre, Koumra fait ainsi du cinéma un espace de formation, de création et de dialogue. Au-delà des projections et des compétitions, le FECIM entend donner aux jeunes les moyens de raconter leur territoire et les mutations auxquelles leurs communautés sont confrontées.

Cette 5e édition poursuit ainsi l’ambition de faire de l’image un langage pour raconter le Mandoul, sensibiliser aux enjeux climatiques et ouvrir davantage le cinéma tchadien aux échanges avec l’extérieur.

                Amadjibeye Prosper