Politique

Jeunesse du Moyen-Chari : le CNJT appelle à plus d’initiative et d’entrepreneuriat

Jeunesse du Moyen-Chari : le CNJT appelle à plus d’initiative et d’entrepreneuriat 1

Entre chômage, consommation excessive d’alcool et manque d’initiatives dans certains secteurs, la jeunesse du Moyen-Chari fait face à plusieurs défis. Mais pour le Conseil national de la jeunesse du Tchad (CNJT), elle dispose également de nombreuses opportunités qu’elle doit apprendre à saisir. Dans un entretien accordé au journal LE PAYS, le coordonnateur provincial du CNJT, Guedallah Hissein Kalami, revient sur les actions menées, les difficultés rencontrées et les perspectives pour la jeunesse de la province.

À la tête de la section provinciale du CNJT depuis quatre mois, Guedallah Hissein Kalami définit son organisation comme un organe représentatif de l’ensemble de la jeunesse tchadienne. Dans le Moyen-Chari, sa mission est notamment de défendre les intérêts des jeunes, porter leurs préoccupations auprès des autorités, les orienter et valoriser leurs initiatives.

L’alcool et le chômage parmi les préoccupations majeures

Pour le responsable provincial du CNJT, la consommation excessive d’alcool constitue aujourd’hui l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les jeunes du Moyen-Chari. Le chômage représente également une préoccupation importante.

Mais sur ce dernier point, le coordonnateur invite les jeunes à s’interroger sur leur propre responsabilité. Il cite notamment le potentiel agricole de Sarh, particulièrement les terres situées le long du Chari. Selon lui, ces espaces autrefois exploités pour la production maraîchère sont aujourd’hui insuffisamment valorisés par les jeunes locaux, laissant parfois la place à des jeunes venus d’autres régions.

Des opportunités encore à saisir

Face aux difficultés d’insertion, le CNJT met l’accent sur l’information et l’accompagnement. L’organisation dit avoir relayé plusieurs opportunités, notamment le Prix national d’excellence, des possibilités de bourses et des programmes d’entrepreneuriat au Maroc.

Le financement des projets, les crédits agricoles et les programmes d’emploi, notamment à travers l’ONAPE, figurent également parmi les pistes évoquées. Le CNJT indique par ailleurs avoir plaidé auprès des autorités pour le renforcement des enveloppes consacrées au financement des jeunes.

Un Conseil ouvert à tous les jeunes

Le CNJT tient à clarifier un point : son action ne concerne pas uniquement les associations de jeunes. Selon Guedallah Hissein Kalami, tous les jeunes âgés de 18 à 35 ans sont concernés, qu’ils soient entrepreneurs, artistes, sportifs ou engagés dans une organisation politique.

Dans son plan d’action en cours d’élaboration, le CNJT entend accorder une place importante à la formation, à l’insertion professionnelle et à l’entrepreneuriat. Il prévoit également de consulter les jeunes afin de recueillir leurs propositions pour l’élaboration d’un Plan provincial de la jeunesse consensuel.

Les jeunes femmes au cœur des initiatives

Le responsable provincial assure que les jeunes femmes ont toute leur place au sein des initiatives du CNJT. Des actions sont notamment orientées vers leur autonomisation et leur insertion, avec un plaidoyer pour que les opportunités d’emploi et d’autonomisation leur soient également accessibles.

Par ailleurs, le CNJT encourage les jeunes à considérer les activités informelles comme des étapes pouvant permettre de construire progressivement un projet. Le moto-taxi, par exemple, peut constituer, selon le coordonnateur, une source de revenus temporaire permettant d’épargner et d’investir dans une activité plus durable.

Des actions concrètes sur le terrain

Depuis son installation, la section provinciale affirme avoir multiplié les contacts avec les organisations de jeunes et les leaders religieux afin de recueillir les préoccupations et les conseils nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Le CNJT cite également plusieurs interventions en faveur des jeunes en difficulté, ainsi qu’une journée d’orientation destinée aux nouveaux bacheliers. Cette initiative a permis à environ 70 jeunes de bénéficier de bourses de formation gratuites pour trois ans. De son côté, le président du Conseil provincial a contribué à la prise en charge de 100 jeunes inscrits à l’École des métiers.

La structure dit aussi avoir identifié et valorisé plusieurs jeunes entrepreneurs jusque-là peu connus du public. Elle a par ailleurs soutenu l’inscription de cinq filles à l’école, ainsi que l’achat de certaines fournitures scolaires.

Un fonctionnement limité par les moyens

Malgré ces actions, le CNJT reconnaît être confronté à une contrainte importante : l’insuffisance de son budget de fonctionnement. Plusieurs activités sont ainsi réalisées grâce aux cotisations et aux ressources propres de ses membres.

L’organisation souhaite donc la mise en place d’un véritable budget de fonctionnement afin de renforcer sa capacité d’action au service de la jeunesse du Moyen-Chari.

Mobilisation pour le recensement et perspectives

La section provinciale du CNJT affirme également avoir joué un rôle dans la mobilisation de la population pour le RGPH-3. Des campagnes de sensibilisation ont été organisées dans les quartiers et secteurs, tandis que le Conseil a plaidé pour que les jeunes recrutés comme agents recenseurs soient majoritairement issus de la province et connaissent les réalités locales.

La récente visite du président national du CNJT à Sarh a, par ailleurs, permis des échanges autour de la citoyenneté, de la consommation excessive d’alcool et de la conscience citoyenne. À cette occasion, plusieurs sollicitations ont été formulées par les jeunes. Le président national a notamment annoncé des échanges avec l’ONAPE sur la possibilité de faciliter l’insertion d’au moins 100 jeunes de la province, ainsi que des démarches auprès du ministère chargé de la Jeunesse concernant les mini-terrains de sport.

Pour Guedallah Hissein Kalami, l’avenir de la jeunesse du Moyen-Chari passe ainsi par le courage, l’initiative et la capacité à saisir les opportunités disponibles. Le CNJT entend poursuivre son plaidoyer et la valorisation des jeunes dans les domaines de la formation, de l’emploi, de l’entrepreneuriat, de l’agriculture, de l’éducation et du développement.

                     AMADJIBEYE Prosper