Une quarantaine de techniciens issus des différents bassins de production du Tchad prennent part, du 28 au 30 octobre 2026 à N’Djaména, à un atelier de formation consacré à la détection et à l’identification des organismes nuisibles aux végétaux grâce aux outils numériques. L’initiative vise à renforcer la surveillance phytosanitaire et à limiter les pertes agricoles.
Organisée par le ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole, à travers la Direction de la protection des végétaux et du conditionnement (DPVC), avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme phytosanitaire pour l’Afrique (PPA), cette formation met l’accent sur l’amélioration de la collecte et de la gestion des données relatives aux ravageurs des cultures.
L’objectif est de permettre aux agents de terrain de détecter plus rapidement les organismes nuisibles, de signaler les foyers d’infestation et de contribuer à une meilleure protection des productions agricoles.
Pour le représentant résident de la FAO au Tchad, le Dr Mark Mankoussou, la surveillance phytosanitaire constitue un enjeu majeur pour le pays, où l’agriculture représente une source essentielle de revenus et de subsistance pour une grande partie de la population. « L’agriculture occupe une place centrale dans l’économie tchadienne et constitue la principale source de subsistance pour une grande partie de la population. Elle demeure toutefois confrontée à des défis majeurs, parmi lesquels les infestations de ravageurs et les maladies des cultures », souligne-t-il. Ces menaces peuvent compromettre la sécurité alimentaire, réduire les revenus des producteurs et fragiliser les moyens de subsistance des communautés rurales.
Face à ces risques, le représentant de la FAO met en avant l’apport des technologies numériques. « Les applications mobiles dédiées à la surveillance phytosanitaire offrent notamment des possibilités pour améliorer la collecte des données, renforcer les dispositifs d’alerte précoce et éclairer la prise de décision », explique-t-il.
L’application présentée au cours de l’atelier doit ainsi permettre d’améliorer la fiabilité des informations recueillies et de renforcer la coordination entre les acteurs chargés de la gestion des risques phytosanitaires. Le Dr Mark Mankoussou a invité les techniciens à s’approprier cet outil afin de faciliter l’identification des organismes nuisibles et le signalement rapide des foyers d’infestation.
Ouvrant les travaux, le directeur général de la Production agricole et de la Formation, Mahamat Nour Doude Ary, a souligné l’importance de cette formation face aux menaces qui pèsent sur les cultures au Tchad.
Selon lui, les différentes zones agroécologiques du pays favorisent le développement de nombreux organismes nuisibles aux végétaux. « Plus d’une centaine d’espèces ont déjà été identifiées. Ces organismes occasionnent des dégâts importants aux cultures et à d’autres végétaux présentant un intérêt socio-économique, d’où la nécessité d’assurer leur protection durable », a-t-il indiqué.
Mahamat Nour Doude Ary a exhorté les participants à faire preuve d’assiduité et à tirer pleinement profit des échanges et des sessions pratiques. « Nous fondons beaucoup d’espoir sur l’aboutissement de ce processus de renforcement de vos capacités. Je vous exhorte donc à faire preuve d’assiduité et d’attention afin de tirer le meilleur profit de cette formation, qui est d’une importance capitale pour notre pays », a-t-il déclaré.
À l’issue de l’atelier, les techniciens devraient être mieux outillés pour détecter précocement les organismes nuisibles, prévenir leur propagation et contribuer à la réduction des pertes de récoltes. La formation vise également à promouvoir des pratiques phytosanitaires durables, à harmoniser les normes pour faciliter le commerce intra-africain et l’accès aux marchés internationaux, ainsi qu’à renforcer la coordination entre les acteurs du secteur.


