Politique

Max Kemkoye : « Le régime a réussi à nous éliminer de toutes les courses électorales »

Max Kemkoye : « Le régime a réussi à nous éliminer de toutes les courses électorales » 1

Le président national de l’Union des démocrates pour le développement et le progrès (UDP), Max Kemkoye, a tenu ce samedi 26 septembre 2026 une conférence de presse. Il est revenu sur les circonstances de sa libération, les conséquences de sa condamnation et ses droits politiques, tout en se présentant comme un « prisonnier politique ».

Max Kemkoye a d’abord évoqué les circonstances de sa libération, intervenue quelques mois après sa condamnation à huit ans d’emprisonnement et à 500 000 francs CFA d’amende. Il estime que la grâce présidentielle dont il a bénéficié soulève plusieurs interrogations. « Apparemment, quelque chose de plus costaud, dont on ignore la nature, aurait prévalu pour motiver cette grâce », affirme-t-il.

Le président de l’UDP conteste surtout l’idée que sa condamnation puisse entraîner la perte de ses droits civiques et politiques. S’appuyant sur les dispositions du Code pénal relatives à la classification des infractions et aux peines accessoires, il soutient qu’une condamnation correctionnelle n’entraîne pas automatiquement une privation de ces droits. « Juridiquement, une condamnation en correctionnelle n’entraîne aucunement la privation des droits civiques et politiques », affirme-t-il.

Max Kemkoye rejette également l’interprétation de l’article 11 de la Charte des partis politiques qui pourrait, selon lui, l’empêcher de continuer à diriger l’UDP. « Nous disposons pleinement […] de l’aptitude à exercer pleinement nos droits de présidents des partis politiques », soutient-il.

Le responsable politique rejette par ailleurs la qualification de « prisonnier de droit commun » et affirme que son incarcération est directement liée à son engagement politique. « Nous ne sommes pas des prisonniers de droit commun. Nous sommes bel et bien des prisonniers politiques au sens juridique, politique et plénier du terme », déclare-t-il.

Max Kemkoye estime également que sa condamnation pourrait compromettre sa participation aux prochaines élections. Il s’appuie notamment sur l’article 5 du Code électoral relatif aux conditions d’inscription sur les listes électorales des personnes condamnées. « Le régime a réussi son coup de nous éliminer de toutes les courses électorales, qu’elles soient présidentielles, législatives, municipales et sénatoriales », affirme-t-il.

Le président de l’UDP indique par ailleurs que des démarches ont été engagées auprès de plusieurs mécanismes des Nations unies, notamment sur la détention arbitraire et les libertés de réunion, d’association et d’expression.

Selon lui, ces instances ont été saisies par la Ligue tchadienne des droits de l’homme (LTDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT). « Rendez-vous à l’ONU, à l’Union européenne et à Genève », lance-t-il, en évoquant les suites internationales de l’affaire.

Il estime également que la grâce présidentielle ne suffira pas à effacer les conséquences politiques de sa condamnation.

Max Kemkoye a enfin évoqué les conditions de détention à la maison d’arrêt de Klessoum. Il a notamment dénoncé des difficultés d’accès aux soins et les conditions alimentaires, ainsi que le cas de détenus qui, selon lui, attendent depuis plusieurs années d’être présentés devant un juge.

Il demande au président de la République d’intervenir et propose l’organisation d’audiences foraines au sein de la maison d’arrêt afin d’examiner les dossiers des détenus au cas par cas.

Pour le président de l’UDP , cette démarche permettrait notamment de libérer les personnes détenues qu’il estime innocentes.

                                     Kedaï Edith