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Tchad : la FAO renforce les capacités de prévention et de réponse aux urgences zoosanitaires

Tchad : la FAO renforce les capacités de prévention et de réponse aux urgences zoosanitaires 1

Un atelier de formation sur les bonnes pratiques de gestion des situations d’urgence (GEMP) s’est ouvert mardi 8 septembre 2026 au Centre interministériel de formation et d’orientation professionnelle (CIFOP), dans le 1er arrondissement de N’Djamena.

Organisée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en partenariat avec le ministère de l’Élevage et de la Production animale (MEPA), et financée par le Fonds de lutte contre les pandémies (Pandemic Fund), cette formation vise à renforcer les capacités nationales de prévention, de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, selon l’approche « Une seule santé ».

Prévue pour quatre jours, elle réunit 34 agents des services centraux et déconcentrés, venus de N’Djamena et de plusieurs provinces. Parmi les participants figurent des représentants des services vétérinaires, de la santé publique, de l’environnement, de la défense, des collectivités territoriales, de la plateforme « Une seule santé », ainsi que des partenaires techniques impliqués dans la gestion des menaces sanitaires au Tchad.

Les participants seront notamment formés à la planification, à l’harmonisation des procédures, à la clarification des responsabilités et à la coordination des interventions en situation d’urgence zoosanitaire. Ils travailleront également sur les outils et principes de la méthode GEMP développée par la FAO afin d’améliorer leurs pratiques et leur capacité de réaction face aux crises.

Les travaux mettront l’accent sur le renforcement de la préparation et de la réponse aux urgences sanitaires à travers l’approche « Une seule santé », qui repose sur une meilleure coordination entre les secteurs de la santé animale, de la santé humaine et de l’environnement.

Les échanges porteront également sur les outils et bonnes pratiques développés par la FAO pour la gestion des situations d’urgence, ainsi que sur la contribution du projet financé par le Pandemic Fund au renforcement du système national de sécurité sanitaire.

Le représentant adjoint de la FAO au Tchad, Marc Mankoussou, a rappelé que les menaces sanitaires « dépassent les secteurs et les frontières » et nécessitent une coopération étroite entre les différents acteurs.

Il a réaffirmé l’engagement de la FAO à accompagner le gouvernement tchadien dans le renforcement de la sécurité sanitaire, autour de trois priorités : la préparation, la surveillance et le développement des compétences nationales. « Ces efforts permettront de détecter les menaces plus tôt, d’agir plus rapidement et de réduire les effets des crises », a-t-il assuré, ajoutant que la FAO reste mobilisée pour renforcer la résilience des systèmes agroalimentaires du Tchad.

Le ministre de l’Élevage et de la Production animale, Pr Abderahim Awat Atteib, a, de son côté, insisté sur la vulnérabilité du Tchad face aux maladies animales transfrontalières. Avec un cheptel estimé à plus de 156 millions de têtes, hors volaille, et des systèmes d’élevage largement fondés sur la mobilité et le pastoralisme, le pays reste exposé à la circulation des maladies, notamment à travers les mouvements d’animaux et les échanges avec les pays voisins.

« Une urgence sanitaire ne prévient pas et une réponse efficace dépend avant tout de notre niveau de préparation », a déclaré le ministre.

Selon lui, la gestion des menaces sanitaires doit mobiliser l’ensemble des secteurs concernés, notamment les services vétérinaires, la santé humaine, l’environnement, les laboratoires et les collectivités territoriales.

« Notre ambition doit être claire : passer d’une logique essentiellement réactive à une culture durable de prévention, de préparation et d’anticipation des urgences sanitaires », a  souligné le Pr Abderahim Awat Atteib.

Le ministre de l’Élevage et de la Production animale a également appelé à faire du soutien du Fonds de lutte contre les pandémies un levier durable pour consolider les capacités nationales. « Nous devons faire de ces appuis un véritable levier de consolidation de nos systèmes nationaux et non simplement une succession d’activités ponctuelles », a-t-il déclaré.

À travers cette formation, les autorités tchadiennes et la FAO entendent renforcer le partage de l’information, la coordination entre les institutions et la rapidité des interventions, afin de mieux protéger les populations, le cheptel et les moyens d’existence face aux futures urgences sanitaires.

Rahila Biassou Til-Ndecka