La Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (COSADT) a tenu, ce samedi 8 août 2026, un point de presse dans la salle du 27-Octobre de la FM Liberté. L’organisation a appelé le gouvernement tchadien à reconsidérer son projet de retrait de la Cour pénale internationale (CPI) et, au contraire, à renforcer sa coopération avec cette juridiction internationale.
Face aux médias, le coordonnateur de la COSADT, Izadine Ahmat Tidjani, a exprimé les préoccupations de la coalition quant aux conséquences d’un éventuel retrait du Tchad de la CPI. Selon lui, une telle décision constituerait «une menace pour la justice» et «soulèverait des interrogations sur la place et la crédibilité du Tchad sur la scène internationale».
La COSADT estime que le projet de retrait répondrait davantage à des considérations politiques internes qu’à une volonté réelle de renforcer la protection des droits humains. L’organisation dénonce notamment un contexte marqué, selon elle, par la multiplication des cas d’impunité et d’arrestations qu’elle qualifie d’arbitraires, visant notamment des militants politiques, des journalistes et des citoyens critiques.
Pour la coalition, une telle décision prise sans débat public ni consultation serait lourde de conséquences pour l’avenir du pays et son image à l’international.
La COSADT considère l’adhésion à la CPI comme un élément important de la consolidation de l’État de droit. Elle estime également que le maintien du Tchad au sein de cette institution constitue un gage de confiance pour ses partenaires internationaux, les bailleurs de fonds et les investisseurs. « Quitter la CPI, c’est s’isoler », soutient la coalition.
La COSADT rappelle par ailleurs que la CPI constitue, à ses yeux , un recours pour les victimes de crimes graves lorsque les mécanismes judiciaires nationaux ne permettent pas d’obtenir justice. L’organisation estime que l’existence de cette juridiction peut également contribuer à prévenir les violences et à lutter contre l’impunité.
Elle appelle ainsi les autorités tchadiennes à maintenir leur engagement auprès de la CPI afin d’envoyer, selon elle, un message clair aux groupes armés et à toute personne impliquée dans des violations des droits humains : ces actes doivent répondre de leurs conséquences devant la justice.
Au cours de ce point de presse, la COSADT a également critiqué certaines orientations de la politique extérieure du gouvernement tchadien. Elle dénonce notamment ce qu’elle qualifie de soutien « aveugle » à certains États et estime que ces choix seraient davantage guidés par des intérêts stratégiques que par les enjeux de gouvernance, de justice sociale et de respect des droits humains.
Dans le contexte actuel du Tchad , la coalition estime que le projet de retrait de la CPI pourrait être perçu comme une volonté de se soustraire aux mécanismes de contrôle judiciaire, tant nationaux qu’internationaux.
À l’issue de son point de presse, la COSADT a formulé plusieurs demandes à l’endroit du gouvernement. Elle réclame notamment :
- la reconsidération du projet de retrait du Tchad de la CPI et le renforcement, au contraire, de la coopération avec cette institution ;
- la fin de l’impunité et la libération des personnes détenues pour des motifs que la coalition considère comme politiques ou arbitraires ;
- une réforme profonde du système judiciaire tchadien, afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle et de faire de la CPI un mécanisme complémentaire plutôt qu’un recours nécessaire.
En conclusion, la COSADT appelle les acteurs politiques, associatifs et religieux à unir leurs voix en faveur de la justice, de la transparence et du respect de l’État de droit.
La coalition estime urgent de lutter contre l’impunité, de garantir les droits des personnes détenues et de préserver la crédibilité du Tchad en matière de défense des droits humains, tant au niveau national qu’international.
Rahila Biassou Til-Ndecka


