Depuis plusieurs années, la GIZ met en œuvre au Tchad des projets de soutien au secteur culturel. Ateliers de renforcement des capacités, appels à projets et financements d’initiatives artistiques font partie de ses actions pour promouvoir la culture et la cohésion sociale.
Cependant, une question revient avec insistance chez certains acteurs culturels : pourquoi des écrivains, éditeurs ou organisateurs d’événements littéraires reconnus ne sont-ils jamais conviés à ces initiatives ? Lorsque des personnalités ayant fait leurs preuves sur le terrain, à travers des festivals, des maisons d’édition ou une contribution durable à la vie culturelle nationale, se sentent systématiquement écartées, un sentiment d’incompréhension et d’injustice s’installe.
L’absence d’invitation ou de financement peut s’expliquer par différents facteurs : des appels à candidatures insuffisamment diffusés, des critères de sélection méconnus, des choix stratégiques des bailleurs ou encore des réseaux de partenaires déjà constitués. En revanche, si les mêmes acteurs sont constamment privilégiés au détriment d’autres sans transparence, la critique d’un manque d’équité devient légitime.
Les partenaires techniques et financiers gagneraient à rendre leurs procédures plus ouvertes et plus inclusives. La culture tchadienne est riche de sa diversité ; elle ne peut s’épanouir que si toutes les sensibilités et tous les talents ont une chance réelle de participer. La transparence dans la sélection des bénéficiaires est la meilleure réponse aux soupçons de favoritisme et le meilleur gage de confiance entre les institutions et les acteurs culturels.
Sosthène Mbernodji, écrivain, éditeur et promoteur littéraire



