Dans un communiqué publié le 31 juillet, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur une détérioration rapide de la situation humanitaire dans l’est du Tchad, conséquence des importantes réductions des financements internationaux. L’organisation fait état d’une hausse de la malnutrition, de pénuries d’eau potable et de ruptures de stocks de produits nutritionnels. Elle appelle les bailleurs de fonds à financer en urgence les plans de réponse humanitaire.
Depuis janvier 2026, le Programme alimentaire mondial (PAM) a réduit de moitié les rations alimentaires distribuées aux réfugiés dans l’est du pays en raison d’un manque de ressources, rappelle MSF. Selon l’organisation, cette diminution a des répercussions directes sur la santé des femmes et des enfants.
À Adré, 21,2 % des près de 6 000 femmes enceintes et allaitantes dépistées entre janvier et juin souffraient de malnutrition modérée ou sévère, un taux supérieur au seuil d’urgence humanitaire fixé à 15 %. Dans le même temps, les admissions d’enfants souffrant de malnutrition au centre de santé de la ville ont augmenté de 30 % par rapport à la même période en 2025.
Les difficultés de financement affectent également l’approvisionnement en aliments thérapeutiques. Les partenaires de l’UNICEF ont réduit les rations distribuées aux enfants malnutris, passant de 14 à 10 sachets par semaine, afin de préserver les stocks. Quant aux produits destinés au traitement de la malnutrition aiguë modérée, ils pourraient être épuisés dès septembre, prévient MSF.
L’organisation humanitaire s’inquiète également de la poursuite des relocalisations de réfugiés soudanais vers des camps situés à l’intérieur du pays. Depuis le début du conflit au Soudan, plus de 930 000 réfugiés ont trouvé refuge au Tchad. Plus de 644 000 d’entre eux ont déjà été transférés vers d’autres sites depuis avril 2023.« Les relocalisations ne résolvent pas le problème : elles ne font que déplacer les réfugiés d’une communauté hôte sous-dotée vers une autre, sans que l’aide ne soit renforcée », affirme Léa Ledru, coordinatrice de projet de MSF à Adré.
Au camp de Metché, qui accueille déjà plus de 43 000 réfugiés, l’hôpital soutenu par MSF a enregistré une hausse de 75 % des admissions pédiatriques au premier semestre 2026. L’organisation souligne également que les habitants ne disposent que de huit litres d’eau par personne et par jour, bien en dessous du minimum de 20 litres recommandé en situation d’urgence. Les cas de diarrhée y sont passés de 634 au premier semestre 2025 à 1 044 sur la même période en 2026.
À l’approche du pic de la saison des pluies, MSF redoute une recrudescence du choléra dans un contexte marqué par des insuffisances persistantes en matière d’accès à l’eau, d’assainissement et de nutrition.
Face à cette situation, Médecins Sans Frontières demande aux autorités tchadiennes et au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de suspendre les nouvelles relocalisations vers les camps de Metché, Aboutengué et Arkoum jusqu’à ce que les services essentiels, notamment l’alimentation, l’accès à l’eau et les soins de santé, répondent aux normes humanitaires. MSF appelle également les bailleurs de fonds à financer sans délai le Plan de réponse aux réfugiés 2026 et le Plan de réponse humanitaire pour le Tchad.


