Le ministère de la Communication, en collaboration avec l’Unicef et l’Union des journalistes tchadiens (UJT), a organisé, ce mercredi 29 juillet 2026 à la Maison de la Presse du Tchad, un café de presse consacré au thème : « Moratoire sur la gratuité du jugement supplétif au Tchad : enjeux, défis et opportunités ». Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’opération nationale « Un enfant, un acte de naissance ».
L’événement a réuni les journalistes points focaux de l’Unicef, les membres du comité de pilotage de l’opération, ainsi que Yacinthe Sigui, spécialiste de la protection de l’enfance à l’Unicef, et Goundoul Vikama, secrétaire général du ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et de la Bonne gouvernance.
Au Tchad, l’accès à l’identité juridique demeure un défi majeur. Selon les données officielles de 2024, seuls 48,33 % des nouveau-nés ont été enregistrés dans le délai légal de trois mois. La même année, près de 2,95 millions d’enfants de moins de cinq ans n’étaient toujours pas déclarés à l’état civil. Cette situation les expose à de nombreux risques, notamment l’exclusion scolaire, l’apatridie, le travail des enfants, les mariages précoces et la traite des personnes.
Face à ce constat, le gouvernement tchadien et l’Unicef ont lancé, le 24 juillet 2026, l’opération spéciale « Un enfant, un acte de naissance ». Présentée lors de ce café de presse par Goundoul Vikama, cette campagne nationale vise à lever les obstacles administratifs et financiers afin d’enregistrer au moins un million d’enfants âgés de 4 mois à 17 ans et de leur délivrer un acte de naissance.
Déployée de juillet à décembre 2026, l’opération couvrira les établissements scolaires sur l’ensemble du territoire national ainsi que les ménages dans douze provinces.
Pour le secrétaire général du ministère de l’Administration du territoire, l’acte de naissance est bien plus qu’un simple document administratif. « L’acte de naissance est la première pièce d’identité de tout être humain. C’est la preuve juridique de son existence et la clé qui ouvre l’accès à l’école, à la santé, à la justice et, plus tard, à une citoyenneté pleine et entière. Donner un acte de naissance à un enfant, c’est lui donner un nom, une existence légale et un avenir », a-t-il déclaré.
Au-delà des procédures administratives, cette initiative vise avant tout à garantir les droits fondamentaux des enfants. Les organisateurs ont ainsi appelé les médias à jouer pleinement leur rôle de relais auprès des populations. « Derrière cette question du jugement supplétif, c’est en réalité le droit fondamental de chaque enfant à une identité juridique, à la protection, à l’éducation et à l’accès aux services essentiels qui est en jeu. Le rôle des médias est déterminant pour porter les bonnes informations, éclairer l’opinion et accompagner les dynamiques de changement », a souligné Yacinthe Sigui, spécialiste de la protection de l’enfance à l’Unicef Tchad.
À travers ce moratoire sur la gratuité du jugement supplétif, le gouvernement et ses partenaires entendent réduire durablement le nombre d’enfants dépourvus d’identité juridique et favoriser leur pleine inclusion dans la société.


