Le Tchad continue d’afficher de faibles performances en matière de gouvernance budgétaire. Selon les résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert ( Open Budget Survey – OBS) 2025, publiée le 3 juin par l’International Budget Partnership (IBP),le pays enregistre un recul de ses performances en matière de transparence budgétaire et de contrôle, tandis que la participation citoyenne demeure inexistante.
Présentés le mercredi 2 juillet 2026 lors d’un point de presse par Mbairassem Simael, économiste chargé de recherche et des politiques publiques au Centre d’études et de recherches sur la gouvernance, les industries extractives et le développement durable (CERGIED), ces résultats montrent que le Tchad peine toujours à garantir l’accès des citoyens aux informations budgétaires et à les associer à la gestion des finances publiques.
En matière de transparence budgétaire, le Tchad obtient une note de 4 sur 100, contre 6 sur 100 lors de l’édition 2023. « Ce résultat place le pays en dernière position parmi plusieurs pays africains évalués, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal, la RDC, le Niger, le Burkina Faso et le Mali, alors que la moyenne mondiale s’établit à 61 sur 100 », a souligné Mbairassem Simael.
Pour l’économiste, cette contre-performance s’explique par la faible publication des principaux documents budgétaires et par l’accès très limité du public aux informations relatives à la mobilisation et à l’utilisation des ressources publiques.
La participation citoyenne reste, quant à elle, au point mort. Comme en 2023, le Tchad obtient un score de 0 sur 100, signe que les citoyens et les organisations de la société civile ne disposent d’aucun mécanisme leur permettant de contribuer au processus budgétaire. « Le processus budgétaire n’offre aucune opportunité aux citoyens, ni aux organisations de la société civile, de participer au cycle budgétaire », a précisé Mbairassem Simael.
Le contrôle exercé sur les finances publiques connaît également un léger recul. Son score passe de 32 sur 100 en 2023 à 30 sur 100 en 2025, traduisant, selon les conclusions de l’enquête, « un contrôle faible exercé par le pouvoir législatif et l’institution supérieure de contrôle des finances publiques ».
Face à ce constat, les auteurs de l’enquête recommandent aux autorités tchadiennes de publier davantage de documents budgétaires, d’ouvrir le processus budgétaire à une participation effective des citoyens et de renforcer les institutions chargées du contrôle des finances publiques afin d’améliorer la transparence, la redevabilité et la reddition des comptes.
Réalisée tous les deux ans par l’International Budget Partnership, en partenariat avec des institutions nationales de recherche, l’Enquête sur le Budget Ouvert est considérée comme le principal outil indépendant d’évaluation de la transparence budgétaire, de la participation du public et de l’efficacité des mécanismes de contrôle des finances publiques dans le monde.


