Le parfum de la revanche a sublimé le parquet du Polideportivo de Malabo pour cette demi-finale au sommet. Dans un duel couperet d’une intensité physique respirable, la sélection nationale tchadienne des moins de 18 ans a décroché de haute lutte son billet pour la grande finale des éliminatoires de la Zone 4 en terrassant la République du Congo sur le score de 52 à 46. Les jeunes Sao effacent de la plus belle des manières leur unique revers de la phase de poules et s’ouvrent officiellement les portes du match pour le titre.
Ce choc aura été un véritable sommet dramatique, caractérisé par douze changements de leader et quintuple égalités parfaites au tableau d’affichage. Après un premier quart-temps équilibré mais à l’avantage du Tchad (16-14), les Diables Rouges du Congo ont imposé un défi physique étouffant, profitant d’un passage à vide des Sao pour passer devant à la pause (24-24) puis creuser l’écart à la fin du troisième acte (33-38). C’est au cœur de cette tempête que le mental d’acier de cette génération tchadienne a fait la différence. Dos au mur dans le dernier quart-temps, les Sao ont infligé un foudroyant 10-0 à leurs adversaires pour reprendre les commandes de la rencontre, avant de survoler l’ultime période avec un cinglant 19 à 8.
Le grand artisan de cette qualification en finale n’est autre que le pivot vedette Ngaba Yaya. Laissé au repos lors du match précédent, le patron de la raquette est revenu sur le parquet avec une énergie débordante, signant une performance historique : 20 points, 22 rebonds (dont 17 défensifs) et 6 contres magistraux pour s’offrir une évaluation stratosphérique de 38. À ses côtés, Timothée Ndohoudou a été d’une abnégation totale, passant 39 minutes sur le terrain pour inscrire 14 points, portés par une adresse précieuse de 4 sur 9 à trois points. La ligne arrière a été magnifiquement sécurisée par Christopher Njerassem, véritable poison défensif avec ses 5 interceptions et ses 2 passes décisives.
Malgré la grosse activité congolaise sous les cercles, symbolisée par les 50 rebonds collectifs et les 15 points d’Isaac Michel Mouangui, le Tchad a fait parler sa supériorité technique dans le « money-time ». Les Sao ont affiché une bien meilleure efficacité globale aux tirs avec 38 pour cent de réussite contre seulement 23 pour cent pour le Congo, tout en dominant les débats aux lancers francs (50 pour cent contre 35,71 pour cent). Avec ce succès héroïque en demi-finale, le Tchad valide son statut de favori et s’avance vers le choc ultime du tournoi avec la certitude que l’objectif Abidjan est désormais à portée de main.
GADNODJI
