Ce jeudi 26 mars, N’Djamena a accueilli le lancement officiel du projet NAVAC. Portée par l’Union européenne (UE), le ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole (MPIA) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette initiative vise à faire de la spiruline un levier majeur de lutte contre la malnutrition et un moteur de croissance économique.
La cérémonie s’est déroulée dans les locaux du Programme Alimentaire Mondial (PAM), en marge d’un atelier conjoint NAVAC/PAE dédié à la stratégie de développement de la chaîne de valeur de la spiruline. Réunissant autorités publiques, partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de terrain, l’événement marque une étape clé dans la valorisation de cette ressource nutritionnelle stratégique.
Financé par l’UE et mis en œuvre par la FAO, le projet NAVAC ambitionne de renforcer le rôle des produits aquatiques dans la lutte contre la malnutrition, tout en contribuant à la construction de systèmes alimentaires plus résilients. Ce programme quinquennal, déployé simultanément dans cinq pays (Soudan du Sud, Guinée-Bissau, Tchad, Colombie et Mauritanie), s’aligne sur le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
S’appuyant sur le Rapport mondial sur les crises alimentaires 2023, le Représentant de la FAO au Tchad, Aristide Ongono Abamé a rappelé l’urgence d’une telle action. « Avec plus de 250 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë dans le monde, NAVAC s’inscrit dans notre vision des « quatre améliorations » : meilleure production, meilleure nutrition, meilleur environnement et meilleure qualité de vie », a-t-il indiqué.
La spiruline, levier économique et nutritionnel
Au-delà de l’aspect nutritionnel, NAVAC entend structurer l’ensemble de la filière, de la récolte à la commercialisation. En partenariat avec le projet PA-PAMELO de la GIZ, l’initiative met l’accent sur l’autonomisation des femmes, actrices centrales de la récolte, et sur l’insertion des jeunes. Pour Frédéric Myambaye Ndolegounoudji, Directeur d résident de la GIZ, ce projet pourrait transformer la filière en un véritable « levier de développement économique ».
De son côté, le représentant de l’Union européenne au Tchad, Mateusz Prorok, a réaffirmé l’engagement de l’UE à accompagner le gouvernement tchadien dans la mise en œuvre de solutions durables face aux défis alimentaires.
Représentant le ministre de la Production et de l’Industrialisation agricole, Moubarack Abakar Roubo a souligné l’importance stratégique de la spiruline. « Consommée depuis des siècles au Tchad, notamment dans les régions du Lac et du Kanem, la spiruline est aujourd’hui au cœur d’un marché mondial estimé à près de 500 millions d’euros. Cette initiative contribuera au développement de la chaîne de valeur de la spiruline, un produit profondément ancré dans l’histoire du Tchad. Elle constitue une source essentielle de protéines et de nutriments pour les populations depuis des siècles », a-t-î souligné .
L’atelier conjoint NAVAC/PAE devra permettre d’élaborer une feuille de route claire, impliquant tous les acteurs du secteur pour garantir que la spiruline tchadienne passe d’une ressource traditionnelle à une industrie d’excellence.
Rahila Biassou Til-ndecka, stagiaire



