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Cohésion sociale au Tchad : la CNVJRR appelle à rompre avec l’illusion et à affronter le passé

Cohésion sociale au Tchad : la CNVJRR appelle à rompre avec l’illusion et à affronter le passé 1

Depuis l’interpellation du Premier ministre Allamaye Halina le 16 mars dernier par les sénateurs sur la question de la cohésion nationale, le débat ne cesse d’enflammer les réseaux sociaux, les organisations et l’opinion publique. Sujet vital pour la paix et le vivre-ensemble, la cohésion sociale ne peut être reléguée au second plan. La Commission Nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CNVJRR) s’est elle aussi exprimée.

Sur la page Facebook de la commission, l’aumônier et juge de paix Le 24 mars, Djekounlar Koulanoudji Roland, expert en paix et sécurité, a livré une analyse sans détour : «Au Tchad, la cohésion sociale est devenue un mot à la mode. On la proclame dans les discours officiels, on la débat sur les plateaux télévisés, on l’invoque sur les réseaux sociaux. Mais derrière cette agitation verbale, une question fondamentale demeure : peut-on réellement construire la cohésion sociale sans affronter notre passé ? La réponse est non. Et il faut avoir le courage de le dire».

Des blessures encore ouvertes. Selon lui, le Tchad ne peut se comparer aux autres nations : « Notre pays porte les cicatrices profondes d’une histoire tourmentée, jalonnée de conflits, de violences et de tragédies humaines. Ces blessures ne sont pas refermées. Elles vivent encore dans les mémoires, dans les silences, dans les frustrations accumulées. Les ignorer, c’est entretenir une paix de façade, fragile et trompeuse».

Pour l’aumônier, seule la vérité peut ouvrir la voie à une cohésion sociale durable :

« On ne construit pas la cohésion sociale par décret, ni à coups de slogans. Avancer tête baissée comme si le passé pouvait être effacé par convenance politique est une illusion dangereuse. La seule voie crédible est celle du courage politique et de la vérité historique ».

Il appelle à un processus de guérison nationale porté par la CNVJRR pour :

  • Dire la vérité, toute la vérité.
  • Rendre une justice transitionnelle, capable de reconnaître les torts sans raviver les divisions.
  • Réparer les préjudices, autant que possible.
  • Favoriser une réconciliation sincère, construite sur la vérité et non imposée.

En conclusion, Djekounlar Koulanoudji Roland insiste : « Le Tchad n’a plus besoin d’illusions. Il a besoin de lucidité, de courage et de vérité. Car une nation qui refuse de regarder son passé en face se condamne à le revivre».